La tête dans les nuages... N’imaginez pas une ambiance coton tout vaporeux et moelleux. Non ça secoue très fort là où nous sommes, au cœur d’un cumulonimbus, roi des nuages dont la couronne peut atteindre 21.000 mètres d’altitude, la couche supérieur de l’atmosphère.

Le cumulonimbus
Le cumulonimbus © Getty / hiroyuki nakai

Et ça caille sévère ! - 111 degrés, température la plus froide jamais enregistrée, les scientifiques viennent de publier le résultat après l’avoir mesuré grâce aux capteurs infrarouges d’un satellite. 

- 111 degrés pendant que des grêlons qui peuvent faire 1 kilo chacun, de la foudre, du vent se déchainent autour de nous, ce n’est pas pour rien que ces gigantesques monstres d’énergies sont appelés les nuages d’orage. 

Et pourquoi tant de fureur dans ces cumulonimbus ?

Ah tout part de la convection : de l’air chaud, humide et instable qui s’élève verticalement, comme une énorme tour de vapeur d’eau qui va se transformer en petites gouttelettes et continuer de monter, jusqu’à tamponner en quelque sorte des courants beaucoup plus froids en altitude… 

Les gouttelettes se transforment en cristaux de glace au sommet, pendant que le nuage prend de la puissance, une énorme masse d’énergie qui peut même transpercer un plafond invisible et atteindre la stratosphère, la partie haute de l’atmosphère. 

C’est le moment où la colonne s’aplatit et s’étale, donnant au nuage enragé un air d’enclume ou de champignon. Et là, boum ça lâche, les courants s’inversent et tout retombe vers le sol… 

Durée de vie du cumulonimbus : 20 minutes pour des averses, deux à trois heures pour un gros orage. 

Vous avez compris maintenant (enfin j’espère) pourquoi les avions évitent absolument de les traverser, même si, même si, les scientifiques ne diraient pas non pour voir de près ce qui se passe exactement dans les mystérieux nuages…

Ah parce qu’on ne connait pas tout de leur fonctionnement ?

Non, les nuages ont beau recouvrir 70% de la surface de la Terre, ils échappent encore en partie aux chercheurs… Alors on les a classés, bien sûr, dans le mythique Atlas international des nuages. Il y a aujourd’hui dix genres différents, à commencer par les cumulus, donc, les cirrus et les stratus, mais ils sont tellement complexes, et en mouvement permanent, qu’il est difficile de les modéliser, leur rôle d’amplificateur ou de ralentisseur par exemple du réchauffement climatique est une source d’incertitude car ça varie beaucoup…

Un défi scientifique, dont on ne se douterait pas en les admirant comme Baudelaire dans ses petits poèmes en prose : “j'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !” et en s’amusant nous parfois moins poétiquement de leurs formes qui ont le mérite de faire travailler notre imaginaire.

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