Ca déculpabilise instantanément ou presque ce petit « bio » placé devant l’une des bêtes noires absolues de la planète… Mais comme souvent, il faut regarder les petites étoiles à côté du gros titre, car ce bioplastique, Nicolas, n’a de bio que le nom… Il peut, déjà, être composé encore aujourd’hui de 60% de pétrole.

Le bioplastique, une fausse bonne idée ?
Le bioplastique, une fausse bonne idée ? © Getty / Gerard Bottino/SOPA Images/LightRocket

Contre laquelle des mesures sont prises vous le savez : dernier exemple, l’interdiction depuis le 1er janvier des pailles, couverts, touillettes, ou boites à sandwich en plastique, avant l’interdiction totale du plastique à usage unique prévue en 2040. Parce que, plein de pétrole qui sert à le fabriquer, il pollue nos mers et océans, 8 millions de tonnes s’y retrouvent chaque année.

Donc les bioplastiques se présentent comme une alternative ? 

Oui fabriqués eux à partir d’amidon de blé, de pomme de terre, de manioc ou de maïs comme la célèbre … Sophie la girafe, oui, toute fière « d’offrir le meilleur à bébé et à la planète » dit la pub. Des matières premières renouvelables, biodégradables d’après les acteurs de ce marché en pleine expansion… Mais comme souvent, il faut regarder les petites étoiles à côté du gros titre, car ce bioplastique, Nicolas, n’a de bio que le nom… Il peut, déjà, être composé encore aujourd’hui de 60% de pétrole. Ensuite, les matières végétales utilisées sont issues de cultures intensives – celle de la canne à sucre du Brésil pour les emballages – aspergées de pesticides, et transitant par des usines géantes de transformation. Et en + vous savez quoi ? Les pots de yaourts, gobelets ou sacs qu’on vous annonce biodégradables… ne le sont pas ! Un rapport d’information parlementaire du 14 décembre dernier met un zero pointé :

« Aucun matériau plastique n’a été certifié biodégradable dans l’eau douce ou l’eau de mer »

Et c’est pareil dans le sol, je vous déconseille si vous avez un compost d’ailleurs d’y mettre un emballage : car en fait il faut beaucoup trop de temps pour que des microorganismes le grignotent. Donc ce bioplastique finit la plupart du temps par être incinéré avec les autres déchets, car il n’est pas non plus recyclable. Et si vous le voyez se fragmenter en tout petits bouts ne vous dites pas qu’il s’auto-détruit et que la planète ira bien, il va au contraire encore + se disperser en davantage polluer.

Mais alors il n’y a pas de solution ?

Des plastiques à partir d’algues – de sarguasses en particulier – sont en train d’être développés pour fabriquer des barquettes alimentaires, des jetons de chariots, ou des brosses pour les toilettes. Il y a aussi la caséine de lait pour faire les sachets des pastilles de lave-vaisselle ou les capsules de lessive. J’ai vu aussi que des américains avaient trouvé un filon avec les boues issues des eaux usées. Mais dans votre quotidien, le + simple, est de réduire votre utilisation du plastique. Facile à dire, pensez-vous, mais allez, essayez, au moins, ça peut être une bonne résolution de l’année tiens !

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