Ça parait peu probable quand on sait que les armées européennes émettent presque autant de gaz à effet de serre qu’un pays comme le Danemark - l’armée américaine dépassant, elle, le total des émissions du Portugal…

 Les remplaçants du Rafale par exemple vont être bien plus lourds donc plus gourmands en énergie. Ici : avions "Rafale" sur le Charles De Gaulle en 2016
Les remplaçants du Rafale par exemple vont être bien plus lourds donc plus gourmands en énergie. Ici : avions "Rafale" sur le Charles De Gaulle en 2016 © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Sans parler de la pollution, en particulier via les munitions, pleines d’agents toxiques. Les militaires n’ont de vert que la couleur, mais les choses sont en train de bouger (un peu)… En tout cas l’état de la planète turlupine depuis quelques années aussi les ministères de la défense, et prend même de l’ampleur si l’on en croit les récentes déclarations de l’OTAN, d’abord, qui disait en mars vouloir faire du changement climatique une plus grande priorité, car « il rend le monde plus dangereux » d’après le secrétaire général, quand le nouveau monsieur défense américain affirmait, lui, au même moment je cite : « le changement climatique a une influence sur la sécurité au niveau mondial avec des effets sur nos missions, nos plans, nos installations ». Comme la plus grande base navale au monde en Virginie régulièrement touchée par les inondations.

Mais leur part de responsabilité là-dedans, ils la reconnaissent ?

A demi-mot – les données précises de leur impact environnemental sont par exemple difficiles à obtenir, mais les armées ne cachent pas être de grosses, d’énormes consommatrices de pétrole. 640 millions d’euros par an pour la France, quand les Etats Unis sont les plus gros utilisateurs institutionnels au monde.

Pétrole dont il est difficile de se passer, pour transporter les troupes, les armes, et réaliser les missions. Cela dit on cherche des parades, à la fois pour l’image, réduire la facture, et même pourquoi pas être plus efficaces sur le terrain, Florence Parly disait en septembre vouloir faire de la transition écologique « un atout pour nos opérations »

Qu’existe-t-il alors comme « parades » ?

Alors en plus d’essayer de faire fonctionner plus proprement plusieurs bases ou casernes à travers le monde, et rappeler, comme la France, qu’une bonne partie de ses terrains protège la biodiversité, les industriels tentent des équipements verts : on parle de futurs sous-marins solaires, de lasers fonctionnant avec des micro-ondes à grande puissance capables de détruire des drones ou des missiles, de blindés hybrides pour la France en 2025, qui permettront de faire des économies en plus d’être en mode furtif sur le terrain, car moins bruyants qu’un tank classique. Il y a aussi les avions volant avec du kerozène plus du colza ou de la canne à sucre… 

Mais tout cela a des limites, les remplaçants du Rafale par exemple vont être bien plus lourds donc plus gourmands en énergie. Il faut regarder les choses en face Nicolas : ce n'est clairement pas demain qu’on verra des soldats faire la guerre à vélo !

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