Une jeune femme comme incarnation de la lutte pour le climat en Afrique. Elle s’appelle Vanessa Nakate, elle a 24 ans, elle vit en Ouganda, de façon ultra « boring » dit-elle en riant dans son parfait anglais… Peu de musique, de télé, pas de hobby.

Vanessa Nakate en janvier 2020
Vanessa Nakate en janvier 2020 © AFP / ISAAC KASAMANI

Son truc, une fois levée, c’est de se mettre derrière l’ordinateur et d’organiser les actions qu’elle va mener. Un ennui tout relatif donc, puisque Vanessa Nakate passe en fait son temps à la rencontre de la population pour l’informer sur l’état de la planète et s’engager : des opérations de nettoyage ou ramassage de déchets avec les plus âgés, des interventions dans les écoles, c’est une « championne » en la matière légende Time magazine, qui la fait apparaître dans les 100 à suivre cette année…

Et devinez qui signe le texte ? Une certaine Greta ! Greta Thunberg, l’activiste suédoise que l’énergique ougandaise connait bien. 

Mais à qui elle ne veut pas être comparée

Oui certains sont tentés par ce raccourci discutable, que Vanessa Nakate refuse, donc, parce que ça efface son histoire à elle. Et être effacée, ça va 2 minutes… C’est elle qu’on avait coupée d’une photo recadrée en 2019 lors du forum économique de Davos, aux côtés d'autres défenseurs de l'environnement dont Greta Thunberg. 

« Vous n’avez pas juste effacé une photo, vous avez effacé un continent » avait déclaré à l’époque Vanessa Nakate, alors que l’Afrique - pourtant très peu émettrice de gaz à effet de serre, 3% au niveau mondial - se prend la crise climatique plein pot - inondations, sécheresses, glissements de terrains, qui viennent aggraver la pauvreté et la famine. 

C’est contre ce désastre qu'elle se bat depuis plus de 2 ans maintenant. 

Comment s'est-elle lancée ?

Et bien figurez-vous qu’elle n’y connaissait rien. Jamais entendu parler du changement climatique, pas même des accords de Paris en 2015 !! C’est en 2018 qu’elle découvre tout cela en faisant des recherches pour voir comment elle peut aider les gens autour d'elle. I

maginez sa surprise. Vanessa Nakate, qui n’a jamais manifesté de sa vie, commence à faire grève le vendredi, seule devant le Parlement à Kampala, capitale de l’Ouganda, malgré sa timidité et la peur d’être arrêtée car c’est illégal là-bas. 

Depuis elle a fondé le Rise Up movement qu’elle fait vivre aussi beaucoup sur les réseaux sociaux quand il est trop difficile – ou plutôt risqué – d’agir sur le terrain. Ne jamais baisser les bras, voilà son credo, elle qui aurait aimé dit-elle savoir tout ça bien + tôt… Avant particulièrement son diplôme en administration des affaires, oui, c’est ballot hein ça sonne pas très écolo. C’est pour ça qu’elle compte se réorienter d’ici l’an prochain en environnement et sciences du climat !

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