La chronique environnement avec du python au menu ce matin... Mmmm ça fait envie n’est-ce pas ? Du python birman pour être précis, que l’agence de conservation pour la nature de Floride, aux Etats-Unis, voudrait effectivement bien mettre dans les assiettes, pour réguler la population de l’impressionnante bestiole.

Faut-il manger du python pour réguler sa population ?
Faut-il manger du python pour réguler sa population ? © Getty / Anup Shah

C’est aussi frappant que dégoutant – penseront peut-être certains, et surtout paradoxal de la part d’un organisme censé protéger la vie sauvage, mais le python birman envahit littéralement le parc national des Everglades, au sud de la Floride, et les dégâts sur le reste de l’écosystème sont considérables, donc tous les moyens semblent bons désormais pour s’en débarrasser.  

Quels dégâts, Camille ?

C’est un gros glouton, ce python ! 

Il avale à peu près tout ce qui croise son chemin, que ce soit un chat ou un alligator… la population des ratons-laveurs et des opossums a été réduite à presque 0, comme celle des lapins ou des renards, et la même étude parue dans la très sérieuse revue scientifique PNAS comptait - 87,5% pour les lynx. 

Les oiseaux y passent aussi, bref, un carnage pour la faune locale, en plus de donner quelques sueurs froides aux habitants : les images d’un spécimen de 3m découvert sous le capot d’une Ford mustang ont fait le tour d’internet en novembre dernier. Il y aurait entre 100.000 et 300.000 pythons birmans dans les Everglades, ça fait entre 5 et 15 au km2, trop contents de pouvoir profiter du buffet à volonté, donc, des températures tropicales, et de l’eau, même salée, dans laquelle ils savent évoluer et survivre. 

Mais comment est-il devenu une espèce invasive ce serpent ? 

Alors tout remonterait à 1992… L’ouragan Andrew détruit un bâtiment d’élevage, les pythons s’échappent, et rien ne va plus… Car le commerce de l’un des plus grands serpents du monde (il peut aller jusqu’à 6 mètres) était autorisé en Floride jusqu’en 2012, pour en faire un animal de compagnie, très apprécié malgré le fait qu’il est aussi capable d’étouffer un être humain, au passage. 

Après l’interdiction, pour tenter d’endiguer l’invasion, c’est le trafic illégal qui a pris le relais, si bien que le python bivittatus est classé parmi les espèces vulnérables sur la liste de l’UICN mais chez lui en Asie, un autre paradoxe ! Aujourd’hui en Floride les habitants ont le droit de les tuer, « humainement », précise l’agence de conservation pour la nature qui a lancé un programme d’élimination, rémunéré : 120 dollars pour un serpent de 3 mètres et 200 dollars pour un nid – les femelles peuvent pondre une petite centaine d’œufs plusieurs fois par an… Avant d’appliquer la dernière idée - les manger, donc - il faut analyser les taux de mercure, très présent dans les Everglades, et donc potentiellement dans le python birman au sommet de la chaîne alimentaire là-bas. Une participante a testé (sans mercure) et dit que c’était très bon. Bon appétit bien sûr ! 

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