C'est le nom d’une enquête de science participative que Camille Crosnier a découverte, en surfant sur le site internet de France Inter ! Nous sommes donc invités à installer des mini tunnels dans les jardins la nuit, pour les recenser alors que l’exact contraire se passe en Nouvelle-Zélande.

Deux missions hérissons aux visées différentes
Deux missions hérissons aux visées différentes © Getty / Supakrit Tirayasupasin

Le reportage a cartonné (l’un des plus lus pendant plusieurs jours) : on y apprend qu’on peut aider à recenser les petits plantigrades piquants, car ils seraient mal en point en France. 

Il n’y pas de chiffres officiels – c’est justement le but de la mission – mais la réduction de leurs habitats, les pesticides, les écrabouillements sur la route ou même, les terribles tondeuses à gazon ont des conséquences malheureuses pour nos hérissons, classés pourtant espèce protégée.

Nous sommes donc invités à installer des mini tunnels dans nos jardins la nuit, avec quelques croquettes pour les appâter, et, côté entrée, de l'encre plus une feuille blanche, sur laquelle vous trouverez les traces de leurs petites pattes trop mignonnes s’ils sont passés par là. 

Et si je vous en reparle ce matin, ce n’est pas par manque d’inspiration, non… C’est que Nicolas, l’exact contraire se passe à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande !

Comment ça ??

Les hérissons sont un peu les rois du pétrole là-bas : ils n’ont aucun prédateurs (pas de renards, de martres ou de blaireaux) donc les deux îles, du nord et du sud, sont une sorte de paradis pour eux. 

Open bar, avec lézards et criquets à gogo : ils se goinfrent tellement qu’il n’en reste même plus assez pour les kiwis, qui, avant d’être l’emblème et le surnom des néo-zélandais, sont des oiseaux endémiques

« Concurrence déloyale ! », crient certains, pas loin du protectionnisme, et mise en danger de tout l’écosystème, totalement déséquilibré par les ravages du petit vorace. Résultat : les autorités ont, elles aussi, une « mission hérisson ».

Et qui consiste en quoi alors ?

La guerre, mon cher, la guerre !! Le gouvernement néo-zélandais veut éradiquer ces « killing machines » comme le titre le Guardian, machines à tuer, d’ici 2050 et va commencer dès le mois de juillet. 

Pièges, chasse, empoisonnement, tous les moyens sont bons, et radicaux, face à l’ennemi. Il y a aussi les rats, opossums et hermines dans le lot.

Des mammifères qui n’ont rien à faire là mais s’y sont retrouvés grâce à nous, les humains ! Les hérissons ont été introduits au milieu du 19ème siècle par les colons britanniques qui les adorent dans leur jardin

Ironie du sort, au Royaume-Uni, la population de hérissons est en chute libre ! 

Des malins ont donc suggéré que plutôt que les tuer, on pourrait transférer cet encombrant héritage par bateau à la maison, où on en veut. Mais trop compliqué parait-il, logistiquement et sanitairement. Alea jacta est, leur sort semble en être jeté, à moins que les kiwis citoyens, les néo-zélandais, s’y opposent, vu l’énorme capital sympathie dont bénéficie le mignon mignon hérisson. 

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