Camille nous emmène dans le Sud-Ouest du Cambodge : dans la forêt des Cardamomes, dont le nom épicé pourrait presque être le titre et le décor d’une histoire pour enfants... Sauf que depuis des années, on voit des pans entiers de la couverture arborée être défrichés.

La forêt des Cardamones en 2000
La forêt des Cardamones en 2000 © Getty / Peter Charlesworth

Il était une fois une immense forêt tropicale, plus de 800.000 hectares, 80 fois la surface de Paris, peuplée de mangroves, de bois précieux et d’éléphants d’Asie, de crocodiles de Siam, d’ours malais, ou de pangolins, plusieurs espèces sauvages – et menacées - dans ce paysage tout vert.

La forêt des Cardamomes abrite aussi des villageois, ils sont des milliers, un peu perdus parfois entre les terres communautaires et la zone protégée. 

Protégée, oui, car la forêt est un joyau, qui attire malheureusement parfois des gens mal intentionnés…

De quels « méchants » parlez-vous ?

De ceux qui dépouillent la jungle ! Braconnage et coupes rases. 

Depuis des années, on voit des pans entiers être défrichés : 148.000 hectares de couverture arborée détruits dans la forêt des Cardamomes entre 2001 et 2019 d’après l’ONG Global Forest Watch, citée par le magazine international The Diplomat

Et en février dernier, les gardes forestiers ont récupéré plus de 600 pièges dans un camp de braconniers. Dont font partie certains habitants, nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté et donc tentés par le commerce illégal mais lucratif d’animaux menacés ou de tek, acacia, ipé, et bois de rose… 

Le Cambodge tout entier étant gangréné par ce trafic et la déforestation. Et comme la loi n’y change pas grand-chose, des gens bien intentionnés tentent de protéger autrement la forêt des Cardamomes…

De quels « gentils » cette fois parlez-vous ?

Ah, le clivage enfantin… Même si vous vous doutez que rien n’est jamais si simple - les habitants braconniers ou bûcherons improvisés par exemple n’ont pas forcément le choix. 

C’est pour cela qu’associations et membres renseignés des communautés locales se mobilisent, en patrouillant, bien sûr, mais surtout en rencontrant la population. 

Pour l’informer, et développer ensemble d’autres moyens de subsistance, comme, raconte toujours The Diplomat, la production d’huiles essentielles de citronnelle ou l’élevage de papillons. 

En témoigne Suon Sareth, la tête dans les chrysalides depuis deux ans : un bon moyen de gagner sa vie, plus durablement, et en harmonie avec la forêt dit-elle… 

On a déjà vu aussi des moines bénir certains arbres en les recouvrant de la robe safran que portent les bouddhistes pour tenter d’intimider les mal intentionnés : si tu coupes, malédiction. 

Alors on ne sait pas encore comment l’histoire se termine, mais sache donc que des hommes et des femmes qui n’ont même pas l’air de super-héros veillent autant qu’ils le peuvent sur la luxuriante mais fragile forêt des Cardamomes.

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