Oui alors c’est peut-être un poil exagéré, mais je voulais un titre accrocheur pour vous parler d’une initiative originale pour sauver des chauves-souris.

Chauve-souris
Chauve-souris © Maxppp / Vincent Isore

Sauver des chauves-souris, déjà, vous reconnaitrez que c’est pas commun : les chiroptères ont plutôt mauvaise réputation, particulièrement en ce moment puisqu’elles sont des réservoirs à virus… Et puis le moyen de le faire n’est pas anodin non plus puisqu’une association a décidé de… racheter une grotte, en lançant une campagne de financement participatif le mois dernier. Et les compteurs se sont emballés : objectif initial, 2000 euros, et on en est à presque 14.000 aujourd’hui !

Et à quoi cet argent va-t-il servir exactement ?

Et bien les 2000 euros c’est donc pour la grotte en elle-même, la grotte de l’Espiougue, au centre de l’Ariège, département où on trouve presque 20% des chauves-souris présentes en France, elles aiment bcp les confins des Pyrénées. C’est l’Association Ana-conservation d’espaces naturels qui en est désormais propriétaire... L’Espiougue est l’une des 15 grottes, (sur les 3000 recensées dans le département), l’une des 15 grottes importantes pour les chauves-souris, qui la squattent et s’y reproduisent. 

Et pas n’importe quelles chauves-souris, Nicolas ! 

Des colonies de Rhinolophes euryales et de Minioptères de Schreibers, 2 espèces protégées en France. Dont la population décline à cause de la disparition parallèle des insectes, nourriture principale des chauves-souris, et de la réduction de leur habitat vu la pression anthropique. Sanctuariser, donc, certains lieux quand on le peut grâce à la maîtrise foncière est une technique qu’utilisent de plus en plus les protecteurs de milieux naturels. L’association a d’ailleurs deux autres grottes qu’elle va aménager avec le reste de l’argent, en y posant des grilles en particulier, pour assurer la tranquillité des locataires… c’est ce qui coûte le plus cher ces grilles à l’entrée. 

Des grilles ? Ça ne va pas gêner les chauves-souris ?

Et bien figurez-vous qu’elles peuvent effectivement se les prendre en pleine poire, oui… Donc des simulations d’aménagement vont être faites à l’issue de l’hibernation des demoiselles, à partir du mois de mars, en observant leur comportement et surtout, leur trajectoire de vol pour ainsi adapter la position de la grille, qui ne sera heureusement pas en fer pour les tests je le précise. Les quelques randonneurs qui passent sur les chemins balisés à proximité, ou esprits malveillants venant chiper le guano, les excréments de chauves-souris très bon engrais naturel, ne pourront plus perturber les colonies. Il est aussi prévu d’installer des panneaux pédagogiques pour mieux faire connaitre ces mammifères, menacés alors qu’ils jouent un rôle essentiel pour la régulation. S’il vous prend l’envie donc de participer à ce sauvetage de « Batman en Ariège », la cagnotte est toujours ouverte. 

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