On va mettre notre nez sur l’une de ces failles, juste à côté de l’Etna, le volcan vous le savez le plus haut et le plus actif d’Europe, on a encore vu juste avant les vacances de Noël d’impressionnants jets de lave… La chronique environnement avec les mystères des failles sous-marines ce matin

Deux personnes observent les fumeroles de l'Etna depuis le lieu de l'installation du cable
Deux personnes observent les fumeroles de l'Etna depuis le lieu de l'installation du cable © Maxppp / EPA PHOTO ANSA

En fait on plonge au fond de la Méditerranée pour la voir, cette faille de nord Alfeo : elle est à plus de deux km de profondeur, et à seulement 20 km du port sicilien de Catane… Donc Nicolas n’imaginez pas des abysses de toute beauté, non, c’est plein de filets de pêche abandonnés, de pneus, de bouteilles plastiques balancées par-dessus bord, bref un tas d’ordures observées par le sismotectonicien Marc-André Gutscher, car il est allé lui aussi déposer quelques chose au fond de l’eau…

Quoi donc ?

Un câble pour étudier cette faille, là, sous nos yeux regardez ! Il fait six kilomètres de long, neuf petits millimètres de diamètre, enfoncé par endroits dans les sédiments où se cachent certains vers, et pendouillant ailleurs entre deux reliefs. Il traverse la faille en quatre points différents, pour la scruter grâce à une technologie bien particulière : « l’interférométrie laser », qu’on utilise en général pour surveiller les structures des ponts, des tunnels, les pâles d’éoliennes ou les barrages. Les impulsions laser injectées dans la fibre optique du câble - dont les connectiques adaptées à la pression des grands fonds ont nécessité deux ans de travail ! - permettent de détecter ET localiser, le moindre mouvement, même de 50 micromètres, c’est-à-dire un tiers de l’épaisseur d’un cheveu !

Donc ce câble « surveille » la faille en quelque sorte ? Dans quel but ? 

Oui pour voir si elle bouge et comprendre son éventuelle dangerosité, car cette faille de nord Alfeo est très mal connue, identifiée il y a moins de 10 ans. On ne sait pas, donc, dans quelle catégorie elle se situe : les inoffensives, qui glissent si lentement qu’on ne se rend même pas compte des séismes, les irrégulières (les + courantes), qui provoquent de petits séismes à fréquence variable, ou les redoutables « failles de subduction », immobiles pendant des siècles, et provoquant tsunamis et dégâts gigantesques quand elles se débloquent, comme en 2004 dans l’océan Indien. Il est probable que la faille sicilienne soit dans l’une de ces 2 dernières catégories, et en étant si près d’une région urbaine (1 million d’habitants à Catane), ça peut être très utile de le savoir… Le but ultime étant bien sûr d’aider à prévenir d’éventuelles catastrophes. En + d’en apprendre davantage encore sur les mystères, on le disait, qu’elles renferment encore aujourd’hui. Et nous suivrons le guide demain vendredi dans la Terre au Carré à 14h puisque Marc-André Gutscher viendra nous parler de son câble sous-marin. 

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