Les si mal nommées mauvaises herbes vous diront les spécialistes de botanique. Ces belles vagabondes affublées de tous les maux auxquelles rend hommage un livre aussi gros qu’une encyclopédie : "La Flore des bonnes herbes" paru aux éditions Promonature, qui nous fait découvrir plus de 700 de ces "plantes spontanées"

Les mauvaises herbes, ces mal nommées
Les mauvaises herbes, ces mal nommées © Getty / Jan Hakan Dahlstrom

700, c’est la presque totalité de celles que l’on trouve en France... Et que vous connaissez bien, pour certaines ! Les chardons, coquelicots, ou bleuets dans les champs… Les orties, dans nos jardins, dont la piqûre pourra être soulagée - conseil pratique - en frottant du plantain, autre membre de l’équipe que vous avez forcément vu le long d’un chemin ou d’une route avec ses longues tiges au bout violet, de la même forme que le capuchon de mon stylo bic.

Et pourquoi alors ne doit-on pas les appeler « mauvaises herbes » ?

Parce qu’elles n’ont rien de négatif ces plantes adventices, leur vrai nom, adventice = qui vient de l’extérieur. C’est leur particularité, et même leur force : elles poussent là où on ne les attend pas…

Typiquement, vous l’avez forcément vu un jour aussi en vous demandant comment c’est possible : là en plein milieu du trottoir. Une Laitue sauvage, Sénéçon commun, ou Renouée des oiseaux seule dans un interstice, où sa graine est arrivée par l’intermédiaire du vent, d’un oiseau, d’une fourmi ou même des semelles de nos chaussures.

Rien à voir avec des plantes invasives il s'agit de « combattantes » pour la chercheuse Sophie Nadot qui n’hésite pas à parler de performance au sujet de leur formidable capacité d’adaptation.

C’est pareil le long du muret dans votre jardin, ou en plein milieu des cultures.

Mais donc on fait une erreur en les arrachant parfois frénétiquement ??

Oui, un peu, on va vouloir nettoyer autour de nos rosiers alors qu’elles remplissent de multiples fonctions écologiques ! 

Les demoiselles sont peut-être moins nobles à vos yeux mais n’en attirent pas moins les pollinisateurs et tout un tas d’organismes. Dans les champs, on les asperge d’herbicide car elles entrent en compétition avec les cultures en les obligeant à partager l’eau, la lumière, les nutriments... Baisse de rendement à la clé. 

Mais une étude soulignait l’an dernier qu’hormis l'ambroisie, elles avaient un effet bénéfique sur le fonctionnement global de l’agroécosystème et qu’il fallait donc trouver des compromis. Donc la prochaine fois que vous croiserez une luzerne, chélidoine, cymbalaire des murailles, drave printanière ou Capselle bourse à pasteurs, demandez-vous au nom de quoi vous les arrachez et regardez-les au moins ! Soyez même fous dit Sophie Nadot : 

Penchez-vous et observez avec une loupe. Ces belles plantes le méritent.

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