Oui les hippos de Pablo, Pablo Escobar… Qui outre la cocaïne avait une passion pour les animaux exotiques, et s’est créé un petit zoo privé dans les années 80 chez lui en Colombie…

Oh 3 fois rien Ali, 2000 animaux installés eux aussi grâce au trafic sur le domaine de sa luxueuse hacienda Napoles, des girafes, lions, kangourous, et aussi, donc : des hippopotames ! 1 mâle et 3 femelles que les autorités décident, en 1993, de laisser sur place après avoir zigouillé le fondateur du cartel de Medellin, parce que c’était trop compliqué de les envoyer ailleurs contrairement au reste de la ménagerie. Et figurez-vous que la bande de 4 s’est plutôt bien faite à la situation, sous un climat idéal avec bien moins de sécheresses qu’en Afrique, et aucun prédateur potentiel…

C’est-à-dire ? 

Reproduction en folie ! Si bien qu’il y aurait aujourd’hui une centaine d’hippopotames en Colombie, le + grand troupeau du monde en dehors de leur terre d’origine. Et cette prolifération inquiète les scientifiques, à tel point que la dernière étude sur le sujet publiée en janvier dans la revue Biological conservation prône l’impensable : zigouiller aussi ceux que l’on surnomme les « hippopotames cocaïnomanes »… 15 mâles et 15 femelles, chaque année, pour éviter qu'on se retrouve avec plus de 1400 hippos en 2035 d’après les modélisations. « Nous sommes désolés pour les animaux mais en tant que scientifiques nous devons être honnêtes et oublier toute émotion » dit la biologiste derrière l’étude, traitée de meurtrière et même menacée de mort depuis la publication, car les colombiens sont très attachés aux énormes bestioles, malgré le fait qu’elles fassent partie des plus dangereuses du monde on le rappelle.

Mais pourquoi leur prolifération est-elle un problème ?

Parce que les hippopotames, qui vivent 40 bonnes années, abîment les sols, entrainent le déplacement d’autres espèces – certains lamantins, tortues, caïmans ou loutres –, ils détruisent les rives des cours d’eau en broutant et surtout, Ali : ils défèquent dans ces rivières où ils passent 16h par jour et permettent ainsi aux algues et bactéries toxiques de proliférer elles aussi, privant d’oxygène le reste de la faune, et la flore. Une « bombe à retardement écologique » pour les scientifiques, qui ont tenté bien l’option stérilisation, mais bcp trop coûteuse et compliquée vu comme un hippopotame est gros et coriace... Ils ne peuvent pas non plus les envoyer en Afrique, pour des raisons logistiques mais surtout génétiques, leur patrimoine a changé et pourrait mettre en danger leurs cousins. Bref, c’est une impasse pour tout le monde, sauf pour ces bons gros hippos qui en attendant que les humains se décident, continuent de profiter allègrement des charmes de la Colombie. 

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