Voici une enveloppe avec du Fenouil mammouth perfection (oui ça existe) contre - je suis bien contente que vous en ayez - du framboisier framboise bleue, merci… Voilà typiquement le genre d’échange qui se fait de plus en plus entre jardiniers amateurs

Echangeons les graines
Echangeons les graines © Getty / Maria Kovalevskaya / EyeEm

33.613 inscrits aujourd’hui sur la plateforme internet graines de troc. L'association permet de s’envoyer par la Poste tout au long de l’année 9.000 variétés différentes de semences potagères, aromatiques, de céréales, d’arbres ou de fleurs. Des graines obligatoirement bio et reproductibles, car le but est de les diffuser et de les faire revivre pour certaines !

C’est-à-dire ?

Et bien 75% des variétés cultivées ont disparu depuis le début du 20ème siècle. Parce qu’avant, ça circulait grâce aux paysans qui ressemaient une partie de leur récolte d’une année à l’autre, sans oublier d’introduire d’autres semences, échangées avec les collègues, pour assurer la diversité génétique.

Aujourd'hui ces trocs s’apparentent donc un peu à la recherche de la perle rare : à travers ces échanges, on essaie de retrouver, puis transmettre et multiplier les derniers spécimens de certaines variétés. Exemple avec la laitue Kleber, du nom d’un monsieur de 93 ans qui a apporté à l’association un sachet de graines de cette laitue qu’il tenait lui-même de sa grand-mère ! Ou la tomate Saint Jean d’Angely, qu’on pensait disparue des radars, mais qu’une dame avait dans son jardin et dont elle a donc envoyé elle aussi les graines, la revoilà en circulation. 

Et qui, à notre époque, est à l’origine de ce troc ?

Un ancien de la finance, figurez-vous ! Sébastien Wittevert , il travaillait sur les subprimes pendant la crise, et a tout lâché pour devenir « grainetier », dit-il… Plateforme internet lancée en 2012, puis l’année d’après, des grainothèques, des banques de graines qu’on trouve dans les bibliothèques pour procéder physiquement aux échanges, comme les livres, y’en a 800 aujourd’hui en France ! 

Sébastien Wittevert estime que c’est une façon de se rappeler que la graine est à la base de tout, de les adapter aussi au changement climatique - il parle même de la "résilience des semences", et de lutter contre l’uniformisation de la nourriture : je vous signale juste en ce qui concerne les tomates qu’il y a une 100aine de variétés au catalogue officiel alors qu’il en existe 13.000 dans le monde ! 

Ces échanges non marchands sont totalement légaux, et permettent d’accéder à des variétés anciennes, rares pour certaines. D’ailleurs il existe aussi le projet « gardiens de semences » : vous voici responsable d'une variété souvent précieuse. Objectif : la faire fructifier sur son terrain, c'est donc adapté à chaque personne et surtout à son savoir-faire, il faudrait pas faire capoter n'est-ce pas ! 

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