Le centre de recherches sur les écosystèmes d’altitude n’a pas assez de chercheurs pour étudier les conséquences du changement climatique sur la faune et la flore en montagne. Il recrute des correspondants, bénévoles, qui vont récolter des données partout sur le terrain.

Mésange noire
Mésange noire © Getty / Mattias Sarling

Citoyens, citoyennes, les scientifiques vous appellent à l'aide : ils ont besoin de vous ! 

Le centre de recherches sur les écosystèmes d’altitude n’a pas assez de chercheurs pour étudier les conséquences du changement climatique sur la faune et la flore en montagne. Il faut dire que la zone est vaste puisqu’il s’agit de l’ensemble des massifs français : les Alpes, les Pyrénées, le Massif Central, les Vosges, le Jura, et même la Corse. Il leur faut donc un réseau, des correspondants, bénévoles, qui vont récolter des données partout sur le terrain, on est en plein dans la science participative !

Et en quoi consiste exactement ce rôle de correspondant alors ?

Alors il faut déjà habiter en montagne, et suivre plusieurs espèces. Pour la faune, il n’y en a que deux : la grenouille rousse et la mésange noire. Pour les grenouilles, il faut repérer une mare et surveiller jusqu’au mois de mai les pontes une fois par semaine, toujours le même jour, et tout bien noter… 

Pour la mésange, le centre vous fournit des nichoirs qui vont vous permettre d’observer jusqu’à juin cette fois, les œufs et l’envol des oisillons, et là, encore il faudra faire remonter toutes les données. 

En ce qui concerne la végétation, trois arbres ou plantes à choisir sur une liste de treize, il y a des bouleaux, des hêtres, épicéas, noisetiers, lilas, primevères ou sorbiers des oiseleurs. Vous les marquez pour les suivre d’une année sur l’autre, et là c’est l’ouverture des bourgeons, l’apparition des feuilles, la floraison qu’il faut noter minutieusement, vous irez voir aussi ce qui se passe à l’automne. 

Mais comment toutes les données sont-elles collectées et est-ce qu’elles peuvent vraiment être fiables ?

Alors, ça se passe via une application ou le site internet de l’opération, Phénoclim. "Phéno" comme phénologie, la science qui étudie l’apparition des événements saisonniers chez les êtres vivants. Et oui, elles peuvent être fiables même si vous êtes un manche en botanique, parce qu’il y a des modes d’emploi très précis, un protocole à suivre donc si vous jouez le jeu il n’y a pas de raison, cher futur "phénoclimeur" (on dit comme ça dans le milieu). 

50 000 observations depuis que le programme a été lancé en 2004, avec des résultats utilisés par la science : on voit aujourd’hui que la différence de développement des espèces se réduit entre les moyennes et hautes altitudes.

Et l’an dernier, le printemps est arrivé avec 10 jours d’avance au-dessus de 1 000m dans les Alpes, et même 13 jours dans les Pyrénées. Y’a vraiment plus de saisons…

=> Le site du Centre de recherche sur l'écosystème d'altitude 

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