Vous savez qu’en fait, ça clignote de partout et brille de mille feux là-dedans ? Surtout là-dessous, devrais-je dire, car les fonds marins sont ceux où le phénomène de bioluminescence est le plus fréquent : des méduses, et au moins 180 espèces de poissons qui produisent de la lumière avec leur propre corps.

Les animaux fluos
Les animaux fluos © Getty / Westend61

Le requin-liche a été découvert il y a quelques semaines du côté de la Nouvelle-Zélande : son ventre s’éclaire dans la pénombre où il vit, entre 200 et 1 000m de profondeur, lui valant d’être à ce jour, avec ses 1m80 de long, le plus grand vertébré luminescent connu. Et pourquoi allume-t-il son ventre ? Pour éclairer le fond de l’océan quand il cherche à se nourrir, ou pour se déguiser à l’approche d’une proie, ou encore peut-être se prémunir de menaces qui pourraient frapper par-dessous…

Donc on n’a pas d’explication formelle ?

Non, c’est une des caractéristiques de la bioluminescence, et de la fluorescence (dont je vais vous parler aussi, c’est quand la lumière est produite cette fois par l’absorption d’une énergie extérieure) : il y a plein d’hypothèses. S’auto-éclairer peut-être une façon de se protéger ou d’attirer ses proies, c’est ce que fait le poisson-pêcheur par exemple… Un moyen de se reconnaître aussi notamment pendant les parades amoureuses, c’est ainsi que les femelles lucioles guideraient les mâles. Enfin il y a l’option leurre : certains vers se parent d’ailes colorées et brillantes qu’ils larguent pour mettre leur prédateur sur le mauvais chemin, c’est malin ! 

Et la fluorescence alors ?

Un monde fantastique à côté duquel on passe totalement à moins d’être équipé d’une lampe à ultraviolets, parce que ce sont eux, les ultraviolets, qui révèlent les couleurs. Et là, je vous présente le nouveau membre du club des mammifères fluos : le pedetes capensis, c’est un rongeur africain qui ressemble à un mélange d’écureuil, de lapin, et de kangourou qui aurait rapetissé… 

Mais surtout, donc, "il semble s’être enduit de peinture corporelle avant d’aller à une rave", écrit le New York Times qui publie des photos fascinantes : il est presque rouge fluo, limite fuschia, couleur "vive et funky", disent les chercheurs à l’origine de la découverte. 

Après analyse chimique de son pelage, on a trouvé des porphyrines, des pigments qu’on trouve au passage pour colorer certains accessoires de fête, qui reflètent la lumière des ultraviolets. Le phénomène a aussi été observé, mais en version bleu-vert (la plus répandue), chez les ornithorynques, ou certains écureuils rose fluo, eux. 

Une belle ambiance boule à facettes qui, d’après un autre scientifique, pourrait n’avoir en fait aucune fonction particulière. Si ce n’est de nous faire nous extasier nous humains devant ce spectacle discret, mais disco… 

L'équipe