Ce matin on part au Sahel pour voir où en est le projet de la grande Muraille verte. Le mois dernier Emmanuel Macron a annoncé lors du One Planet Summit qu’une enveloppe de plus de 14 milliards de dollars sur les 5 prochaines années avait été décidée par les acteurs du sommet pour accélérer sa réalisation.

e Senegal perd 40 000 hectares de forets par an. Pour y remedier, le pays fait partie du projet international de la Grande muraille verte dans le Sahel.
e Senegal perd 40 000 hectares de forets par an. Pour y remedier, le pays fait partie du projet international de la Grande muraille verte dans le Sahel. © Maxppp / Sadak Souici / Le Pictorium

Ce projet lancé officiellement en 2007 par l’union Africaine a pour ambition de régénérer la biodiversité sur une immense bande de terre autrefois verdoyante et aujourd’hui en cours de désertification. Dans cette zone au Sud du Sahara, les terres ont été dégradées par les sécheresses à répétition et les activités humaines comme le surpâturage.

Il s’agit donc de reverdir un ruban de 7 600 kilomètres de long sur 15 de large qui traverse les 11 pays du Sahel, en partant du Sénégal pour arriver à Djibouti.

Depuis son lancement le programme a évolué. Au départ il était question de planter un mur d’arbres mais assez rapidement d’autres types de cultures, maraichères ou céréalières par exemple, ont été intégrées à ce projet à visée écologiques et sociales. 

Une quinzaine d’année après le lancement de ce programme ou en est-on ?

Soyons claire aujourd’hui il y a plus de trous que de muraille. 

Selon un rapport  commandé par la convention des Nations unies, 4 % de la superficie à couvrir ont été aménagés.

Ca représente tout de même 4 millions d’hectares (c’est plus que la surface de la Belgique). En réalité sur le terrain la situation est très contrastée selon les pays. Le Sénégal est loin devant tous les autres, avec de belles réalisations, des difficultés aussi qu’il a fallu surmonter. A certains endroits les éleveurs voyaient d’un mauvais œil la création d’espaces arborés auxquels leur bêtes ne pouvaient plus avoir accès le temps que les arbres se développent. Il a fallu convaincre, mettre en place des compensations comme la création de jardins polyvalents villageois avec des arbres fruitiers. 

Les acteurs du projet ont aussi veillé à varier les essences pour éviter les ravages que peuvent faire les maladies dans les monocultures. Plusieurs espèces d’arbres adaptées au climat et aux traditions locales ont été testées comme l’acacia Sénégal, le dattier du désert ou encore la tamarin alimentaire. 

Pourquoi, ca n’a pas aussi bien marché dans les autres pays ?

Dans certains pays les discours volontaristes des gouvernements n’ont pas franchement été suivis d’effets. Il faut dire que le contexte géopolitique difficile de la région n’aide pas.  Le manque de financement constitue aussi un frein. 

L’avenir nous dira si l’enveloppe de plus 14 milliards de dollars annoncée par Emmanuel Macron pour accélérer la construction de cette grande muraille verte au porte du désert relève ou non du mirage.

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