L’impact des masques sur ce qui nous entoure.

Un des nombreux masques abandonnés après usage. On en trouve aujourd'hui partout, dans les rues comme sur les chemins de randonnée !
Un des nombreux masques abandonnés après usage. On en trouve aujourd'hui partout, dans les rues comme sur les chemins de randonnée ! © Getty / SOPA Images

Oui vous avez tous croisé un masque échoué dans un caniveau ou sur un chemin de randonnée… On a aussi en tête des images sous l’eau montrant qu’ils jonchent le fond de nos mers et océans. On a vu ces derniers jours des macaques en train d’en mâchouiller dans les collines en Malaisie, une mouette en Angleterre piégée par les élastiques enroulés dans ses pattes, ou encore un pingouin retrouvé mort au Brésil et dont l’estomac contenait plusieurs masques. 

Bref, ils sont absolument partout. Il faut dire que les chiffres donnent le vertige : 224 milliards de masques exportés par la Chine en 2020 (sans compter donc sa consommation à elle) en sachant qu’elle en produit la moitié dans le monde… On est donc vraisemblablement au-delà des 500 milliards de masques, avec une courbe qui continue de monter. Et 10% de nos déchets se retrouveraient dans la nature aujourd’hui, masques compris donc… 

Mais, aussi marquantes soient toutes ces images : elles ne sont rien comparé à ce qui nous attend quand ces masques seront devenus invisibles.

Pourquoi ?

Parce qu’ils seront alors transformés en microplastiques puis en nanoparticules, qu’on retrouve partout y compris dans notre corps. Ces masques je le rappelle, ne sont pas en papier mais majoritairement composés de polypropylène, une résine plastique d’origine pétrochimique, dont les fibres, aussi fines qu’un cheveu, vont contaminer tout l’environnement et toute la chaîne alimentaire : il ne faut que quelques heures dans l’eau pour qu’elles commencent à se déliter et à se diffuser, chargées en plus de polluants qu’elles absorbent comme des éponges. Une pollution supplémentaire inéluctable pour les dizaines d’années à venir, les chercheurs sont formels. 

Il n’y a rien à faire pour l’éviter ?

La base évidemment : ne pas jeter son masque ailleurs que dans une poubelle, bien fermée, d’autant qu’une fois dans l’eau ils coulent en raison du polypropylène, impossible donc de les récupérer. Mais même collectés, et incinérés, ils libèrent certains composants volatiles et toxiques…

« La peste remplacée par le choléra » m’a expliqué la chercheuse Nathalie Gontard experte des emballages plastiques, qui fulmine comme beaucoup en voyant venir la catastrophe, dit-elle. Mais limiter notre utilisation est un levier difficile à actionner bien sûr, encore plus depuis qu’on ne peut plus utiliser les masques en tissu maison. 

Solution, donc : privilégier les réutilisables certifiés, pendant que les scientifiques cherchent des méthodes de recyclage pour ceux à usage unique… Ou remplacer les fibres plastiques par des fibres naturelles, en l’imposant aux industriels. 

N’étant pas à une contradiction près, c’est avec un de ces masques en plastique jetable sur le nez que je vous dis ça… mais ce sont malheureusement aujourd’hui les seuls qui nous permettent d’être bien audibles à la radio

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