Oui, vous êtes peut-être passé à côté de l’une des nouveautés de cette année 2021 : les fabricants doivent désormais indiquer si leur produit est facilement réparable, ou pas.

Dorénavant les constructeurs doivent donner "un indice de réparabilité"
Dorénavant les constructeurs doivent donner "un indice de réparabilité" © AFP / Alex Wilson

Une étiquette avec un code couleur allant du rouge au vert comme celle pour l’impact énergétique, mais au lieu des A, B, C, D, c’est une note de 0 à 10 avec un petit symbole en forme de clé à molette et d’écrou (il a fallu des heures de réunion à tous les coups), symbole que vous allez voir apparaitre progressivement dans les magasins et sur Internet, à côté de 5 types de produits, ceux qu’on achète le plus en France, parmi les 99 appareils qui équipent un foyer en moyenne, j’ai nommé : les smartphones, les ordinateurs portables, les téléviseurs, les lave-linges à hublot et les tondeuses à gazon !

Et comment sont calculées les notes de 0 à 10 ?

Vous allez rire : par les fabricants eux-mêmes !

Ça peut refroidir sur la fiabilité de cet indice, mais les professionnels, les institutions et même les ONG et associations de consommateurs rassurent : ces fabricants doivent répondre à plusieurs critères dans une grille, avec même des coefficients pour obtenir le résultat… 

J’ai regardé le document en ligne c’est pire qu’un bulletin scolaire ! Il faut notamment que la notice, en français, soit disponible longtemps, avec des schémas précis… Renseigner la démontabilité, et les outils nécessaires, le prix des pièces détachées, si elles sont faciles d’accès, et pendant combien de temps… Je signale que c’est moins de 3 ans par exemple pour un smartphone !

Justement les fabricants cherchent plutôt à nous faire acheter de nouveaux équipements !

Oui, donc rendre leurs produits plus réparables et donc plus durables ne va effectivement pas tellement faire leurs affaires… Et c’est bien l’objectif affiché de la loi : atteindre 60% de réparation pour les produits électriques et électroniques, on en jette 1 million de tonnes chaque année en France ! 

Obligation donc de se réinventer, d'autant que les mentalités évoluent avec une pression citoyenne accrue sur les questions environnementales, et aucun ne veut se faire afficher sur les nombreuses plateformes collaboratives qui balancent les mauvais élèves, comme produitsdurables.fr. 

Et puis des contrôles de la répression des fraudes sont prévus à partir de l’an prochain, gare à ceux donc qui gonfleraient leur note. Cela dit, ça ne dit pas si le produit va durer ou tomber très vite en panne. 

Et encore faut-il que nous, consommateurs, fassions de toute façon effectivement réparer nos équipements. Nous sommes 8 sur 10 à trouver l’idée très bonne mais seulement 36% à passer à l’acte ! Freinés par la peur de perdre en qualité et surtout par le prix, quasi identique parfois à du neuf… C’est pour ça qu’on préfère encore remplacer que réparer, et c’est un autre levier à faire évoluer.  

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