L'adoption chez les mammifères, ce n’est pas toujours la fête de la bienveillance, à l’image des orques, éléphants, hyènes ou babouins qui ont tendance à exclure ou en tout cas déclasser les orphelins, quand ils ne se font pas tuer, sans la protection de leur mère, monde cruel. Mais il y a de l’espoir !

Qu'en est-il de l'adoption chez les gorilles et les bonobos ?
Qu'en est-il de l'adoption chez les gorilles et les bonobos ? © Getty / Marcos del Mazo/LightRocket

Connaissez-vous l’oncle Kubaha ?

Vieil oncle gorille dans la montagne rwandaise, qui s’est fait planter par les quatre femelles du clan, lui laissant en plus les enfants sur les pattes. Contre toute attente, les spécialistes de la Fondation Dian Fossey, qui étudient le groupe, ont vu l’oncle Kubaha autoriser les petits à dormir avec lui et même lui grimper dessus pour jouer ensemble. Ils l’ont vu en fait se transformer en parent adoptif, et ont voulu savoir s’il s’agissait d’une exception ou d’un comportement ordinaire. Ils ont donc plongé dans leurs 53 années de données, en analysant la vie et l’évolution d'une soixantaine de gorilles orphelins. 

Chez les gorilles, le reste du groupe protège les orphelins

Protection contre les attaques extérieures – il peut arriver que des mâles d’un autre clan s’en prennent aux petits - mais aussi contre les effets de l’abandon, que la mère soit partie intentionnellement (c’est fréquent chez les gorilles), ou soit morte. 

Non seulement les orphelins gardent leur place, mais ont même presque plus d’interactions sociales que les autres ! Certains ont d’ailleurs fini par être mâles dominants, ce qui n'est pas rien… Mais il y a encore mieux : adopter un membre d’un autre groupe. Et ça, c'est chez les bonobos que ça se passe.

 Du jamais vu chez les grands singes

Nous passons de l’autre côté de la frontière du Rwanda, en République Démocratique du Congo, où deux femelles ont été observées pendant un an et demi – jusqu’au début de l’épidémie de Covid – en train de porter sur leur dos, mais aussi nourrir, épouiller, bref, materner chacune un jeune bonobo, venant, donc, d’une autre communauté. Sans que ça ne pose jamais de problème au reste du clan, même pas aux filles biologiques de l’une des femelles qui jouaient tout à fait normalement avec leur sœur adoptive. Les bonobos, nos cousins, avec 98% d’ADN commun, sont connus pour être très empathiques, ils manifestent des émotions en cas de souffrance d’un congénère. 

Cette étude vient donc le confirmer, et prouver que l’altruisme n’est pas propre à l’être humain, et surtout pas quand il s’agit d’adoption. A moins, cela dit, qu’autre chose pousse les femelles bonobos à le faire si facilement : elles adorent les enfants… Tellement qu’il arrive parfois qu’elles en kidnappent ! Mais allez, on va plutôt croire à la bonté ce matin.

L'équipe