Imaginez le scrountch sous la dent en croquant une petite poignée de vers de farine. Ces larves de coléoptère qui ressemblent à des petites chenilles jaunâtres, et que la très sérieuse Autorité européenne de sécurité des aliments a déclarée OK pour la consommation humaine.

Manger des insectes, le futur de l'alimentation ?
Manger des insectes, le futur de l'alimentation ? © Getty / Rick Neves

Aucun danger après les analyses de chimistes et autres microbiologistes. Avis favorable qui signifie que la Commission européenne a jusqu’à la fin de l’été pour demander aux 27 pays membres s’ils autorisent la mise sur le marché, et qu’on pourrait donc ici en France en particulier retrouver le Tenebrio molitor, petit nom scientifique du ver de farine, dans nos magasins y compris les supermarchés. 

Il était commercialisé il y a quelques années dans certaines épiceries fines - comme des grillons ou criquets au paprika ou aux fines herbes -, mais le 1er janvier 2018, une règlementation européenne sur ce qu’on appelle les « nouveaux aliments » impose le feu vert sanitaire officiel. Patatra, donc, les fermes d’élevage d’insectes se reportent sur la nourriture animale et l’engrais, pendant qu’elles envoient leur dossier de demande d’autorisation pour la consommation humaine. La voici donc pour le ver de farine… Et les criquets pourraient suivre, ils sont en haut de la pile en tout cas ! 

Vous savez ce que c’est le « facteur beurk » ? 

Ce frein cognitif à l’idée de manger un insecte dans nos sociétés occidentales, répulsion qui disparaitra à terme d’après certains chercheurs, car que vous le vouliez ou non, les insectes vont devenir un élément clé de la sécurité alimentaire.

Pour quelle raison ?

Consommation de protéines en hausse de 52% d’ici 2030 dans le monde… L’élevage intensif de viande fait déjà des ravages à la planète, les insectes sont donc une alternative pour répondre à la demande : 53g de protéines dans 100g de vers de farine, contre 26g pour du bœuf par exemple. Avec des élevages nettement moins émetteurs de gaz à effet de serre, car ça prend moins de place et surtout il faut beaucoup moins d’eau et de nourriture. 

On compte une vingtaine de projets en France (qui veut devenir pionnière) avec déjà des structures en Haute-Garonne, dans le Jura, la Somme, et des investissements colossaux, 316 millions d’euros levés pour l’une de ces fermes, c’est du jamais vu. 

On y pond, tue – dans l’eau bouillante et sans souffrance assurent en tout cas les éleveurs – et déshydrate les larves, qu’on pourra consommer en poudre dans des biscuits, gâteaux ou produits transformés en remplacement de la farine, ou bien entières, et grillées. Il parait que ça a le goût de cacahuètes. Un p’tit apéro Tenebrio ça vous dit ?

Les invités
L'équipe