Beaucoup d’animaux donnent de la voix pour communiquer, encore faut-il réussir à comprendre leur langage. Ce matin, on vous emmène écouter des animaux ...

Quand un bébé caïman est en détresse, menacé par un prédateur, il émet un cri et la mère caïman rapplique illico pour voler au secours de son rejeton.
Quand un bébé caïman est en détresse, menacé par un prédateur, il émet un cri et la mère caïman rapplique illico pour voler au secours de son rejeton. © Getty / James Warwick

Exemple avec ces sons émis par un jeune caïmans :

Extrait 

Cela ne vous saute peut-être pas aux oreilles mais ce bébé caïman est en détresse. Surement menacé par un prédateur. Une mère caïman qui entend ça, rapplique illico pour voler au secours de son rejeton. Les chercheurs l’ont vérifié en diffusant dans des haut-parleurs des cris de ce type le long de fleuves où vivent des caïmans. Les femelles convergent immédiatement vers les haut-parleurs en entendant ce signal. Et ces mamans caïmans réagissent de la même manière lorsqu’elles entendent les appels au secours de bébés d’une espèce voisine de crocodile.

Les cris de détresse des deux espèces sont les mêmes ?

Pas tout à fait, mais ils se ressemblent assez pour être compris indifféremment par ces deux espèces. Plus surprenant, si on fait entendre des pleurs de bébé humain à des crocodiles, les reptiles rappliquent de la même manière comme s’ils étaient instinctivement sensibles au signal de détresse d’un bambin qui n’est pas de leur monde. (Il reste formellement déconseiller de confier un nouveau-né au premier crocodile venu).

Les cris de détresse d’autres espèces ont été étudiés ?  

Extrait 

Oui il y a beaucoup d’étude chez les oiseaux. Chez les étourneaux par exemple (dont on entend la richesse des vocalises) le bioacousticien Thierry Aubin a isolé la séquence qui correspond au signal de détresse. Il l’a travaillée par ordinateur, caricaturée, pour en faire un son auquel les étourneaux sont extrêmement sensibles :

Extrait 

Si vous diffusez ça à des étourneaux, ils s’enfuient à tire-d’aile. Même effet sur des mouettes rieuses, qui n’ont pourtant pas exactement le même cri de détresse. Ce qui a donné l’idée aux chercheurs de mettre au point une sorte d’épouvantails sonores universels pour éloigner les oiseaux des pistes d’aéroport afin d’éviter les collisions avec les avions. Voici l’un des cris artificiels de détresse qu’ils ont généré et qui a été utilisé dans des aéroports : 

Extrait 

On a un peu l’impression qu’ils ont réinventé l’alarme incendie.

Mais ce n’est peut-être pas un hasard si on retrouve des similitudes avec nos sirènes d’alertes. En cas de danger imminent, il peut s’avérer salvateur de faire appel à notre instinct animal pour nous inciter à fuir.

Pour en savoir plus, je vous recommande le livre du biologiste Nicolas Mathevon : Les animaux parlent sachons les écouter aux éditions humensciences.

Et Nicolas Mathevon sera l'invité du Temps d'un Bivouac.

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