La chronique environnement ce matin : attention ça va piquer !

Orties
Orties © Getty / AnitaBen

Nous serons nombreux cet été encore au détour d’une promenade bucolique à avoir droit aux brûlantes caresses d’une ortie. Pour provoquer ces très agaçantes plaques rouges qui démangent, la plante est équipée d’une artillerie des plus délicates. 

Ses feuilles sont recouvertes de petits poils avec une pointe de silice. Au moindre contact, cette pointe se casse et libère un redoutable cocktail de substances chimiques : histamine, acétylcholine, sérotonine et différentes sortes d’acides : formique, tartrique, oxalique... Certaines de ces molécules ont des propriétés irritantes d’autres ont pour effet de prolonger la douleur. On est à la limite du sadisme. Mais n’accablons pas trop vite notre pauvre ortie commune urtica dioica car elle est loin d’être la plus terrible dans la grande famille des Urticacées à laquelle elle appartient.

Il y a pire ailleurs ?

Bien pire, on trouve dans les régions tropicales des cousines de notre ortie de la taille d’un arbuste voire d’un arbre pouvant atteindre 40 mètres. S’y frotter peut s’avérer très douloureux, et même parfois mortel. En Nouvelle-Zélande, l’urtica ferox, qui mesure 5 mètres de haut et arbore des poils d’un demi centimètre a déjà provoqué le décès d’un homme. Plus fréquemment des chiens et des chevaux meurent après avoir eu la mauvaise idée d’en grignoter quelques feuilles. Pour sa défense, cette plante n’a pas que des mauvais côtés, elle a des vertus médicinales que les Maoris ont appris à utiliser.

Il y a d’autres exemples ? 

Autre terrible cousine de notre ortie, peut-être la plus terrible : la gympie gympie. On la trouve en Australie. L’effleurer peut provoquer des douleurs insupportables pendant des mois. Pour l’approcher les forestiers sont couverts des pieds à la tête et malgré le masque et les gants certains finissent quand même à l’hôpital. Une femme qui a eu le malheur de se frotter à une gympie gympie a décrit la sensation d’être à la fois électrocutée et aspergée d’acide. Pour compléter le tableau, la toxine de cette plante est chimiquement très stable si bien qu’une de ses feuilles stockées depuis un siècle dans un herbier peut encore faire très mal.

Après avoir entendu tout ça, vous considérerez peut-être notre ortie avec plus d’indulgence. D’autant que cette plante a le bon goût de se laisser déguster en soupe. Sous cette forme elle est même très bonne pour la santé.

Pour en savoir plus je vous recommande le livre de la passionnée de botanique Katia Astafieff : « Mauvaise graines – La  surprenante histoire des plantes qui brulent, qui piquent et qui tuent» aux éditions Dunod.

Et il y aura des plantes bien plus savoureuses au menu du temps d’un bivouac à 16h …

Oui nous partirons sur la route des épices avec le chef cuisinier Olivier Roellinger

L'équipe