Jour après jour, la bête pourtant farouche prend confiance, s’habitue à la présence de l'homme, sort de sa tanière et commence à s’approcher de lui jusqu’à déployer autour de sa main, ses tentacules gluants dans une véritable scène d’anthologie !

Un documentaire émouvant sur le poulpe
Un documentaire émouvant sur le poulpe © Getty / Nicola Priore / EyeEm

"Cela fait un moment qu’on ne s’est pas vus et je dois vous avouer que mon état émotionnel ne s’est pas du tout amélioré. J’en veux pour preuve l’expérience vécue avec ce documentaire Netflix que vous avez certainement vu La sagesse de la pieuvre ?  

"La sagesse de la pieuvre" : quelle intrigue ? 

Il raconte la relation entre James Reed un réalisateur en plein burn-out et un poulpe commun croisé au hasard d’une plongée qui va lui redonner le goût de vivre

On assiste donc assez éberlué à la naissance d’une « relation » entre James et son poulpe.

Jour après jour, l’animal pourtant farouche prend confiance, s’habitue à la présence de notre homme, sort de sa tanière et commence à s’approcher de lui jusqu’à déployer autour de sa main, ses tentacules gluants dans une véritable scène d’anthologie ! 

Quand je pense que j’ignorais tout sur la sensualité d’une caresse de mollusque...  

Mais que nous dit cette scène exactement ?  

Elle nous rappelle que même si nous sommes très éloignés génétiquement du poulpe, nous partageons en réalité beaucoup de choses en commun. 

On parle de « convergences évolutives » avec des similitudes très troublantes entre nos deux espèces. Regardez par exemple l’œil d’un poulpe vous fixer et vous comprendrez…  

Lisa Poncet qui travaille sur les capacités cognitives des céphalopodes à l’Université de Caen, explique que le cerveau de ces animaux a un « fonctionnement étonnamment proche du nôtre, tout comme leur curiosité et leur envie d’explorer le monde qui rappelle notre soif de connaissance ».  

Mais la chercheuse se demande aussi pourquoi le poulpe, bestiole normalement totalement asociale dans son milieu naturel, est capable, d’interagir avec un humain au point de venir le toucher longuement ?

Un comportement incompréhensible du point de vue de la biologie. Peut-on alors parler d’attachement ? Rien ne permet de valider scientifiquement cette idée. Voilà qui ouvre la porte à énormément de questions.   

Et à beaucoup d’émotions ?  

Et c’est ce qui explique mon gros craquage à la fin du doc lorsque le poulpe en fin de vie croise la route d’un requin pyjama.   

Face à l’issue fatale mes glandes lacrymales n’ont pas résisté. Et à cet instant précis je me vois et je me dis « Mon vieux t’es quand même entrain de chialer pour un poulpe » !

C’est quoi la prochaine étape ? Une dépression nerveuse à cause du destin tragique d’une huître perlière à Tahiti ?  

En attendant, si vous ne l’avez pas déjà fait depuis longtemps, regardez « La sagesse de la pieuvre » qui nous fait cogiter sur les autres formes d’intelligences animales.  

Et si vous vous demandez quelle différence il y a entre un poulpe et une pieuvre : il n’y en a aucune !