Ce matin dans la chronique environnement, une idée originale pour Notre-Dame-de Paris… En attendant les résultats du concours international un homme a déjà réfléchi à un projet assez iconoclaste : le jardinier Gilles Clément.

Et si l’on transformait Notre Dame de Paris en serre géante ?
Et si l’on transformait Notre Dame de Paris en serre géante ? © Getty / BSIP/Education Images/Universal Images Group

Il y a quelques jours, la mairie de Paris lançait une concertation citoyenne pour le réaménagement en 2025 du parvis et des alentours immédiats de Notre-Dame.  

Mais histoire de calmer les imaginations un peu trop débordantes, la maire de la capitale Anne Hidalgo appelait quand même à la "sobriété".  

En attendant les résultats et le concours international qui sera organisé, un homme a déjà réfléchi à un projet assez iconoclaste. Il s’agit du jardinier Gilles Clément.  

Un jour à l’occasion d’une conférence, une personne lui demande ce qu’il pense du chantier de reconstruction de la cathédrale. Le paysagiste répond : "Puisque la lumière est enfin entrée dans ce lieu, il n’y a qu’à en faire un jardin" !  

C’est ainsi qu’est né "Notre-Dame-des-Plantes" publié chez Bayard dans lequel il imagine un dialogue entre un préposé aux affaires sacrées et une herbe folle.  

Et qu’est-ce qu’il propose exactement ?  

Et bien par exemple une serre géante au sein même de la nef !  

Notre-Dame, c’est une histoire chaotique faite de changements et de transformations, c’est donc l’occasion pour Gilles Clément de défendre son rêve de voir des arbres, des fleurs et des herbes se mêler aux pierres. Place donc aux palmiers, aux fougères arborescentes et même aux bananiers.

Transformer Notre-Dame de Paris en serre géante tout en la maintenant en lieu de culte, c’est envoyer au monde entier un message d’espoir écrit Clément.

Imaginez la Caté-serre "un édifice-jardin portant la mémoire des plantes heureuses de vivre ensemble et celles des humains achevant dans ce lieu, la lutte incessante des croyances pour se reposer un peu".     

Qu’est-ce qu’il imagine encore ?  

Il propose par exemple de créer une vigne pour le vin de messe en transformant la sacristie en cave à distiller. L’idée étant de produire et distribuer directement sur place. 

Il imagine aussi une plante qui se fume qui se mange et qui se hisse avec grâce au-dessus du sol. Cette plante c’est le chanvre. Pourquoi ne pas en couvrir les murs en hommage à la première Bible de Gutenberg fabriquée en fibre de cannabis ?  

On trouverait aussi au cœur de la nef un bassin avec un immense nénuphar flottant sur lequel il serait possible de baptiser les enfants.  

Et puis dehors sur le parvis, seraient plantés différentes variétés de pommiers dont on pourra croquer les fruits sans risquer le péché capital.  

Alors oui, j’entends déjà crier au sacrilège. Mais cette utopie est avant tout une réflexion pleine d’espoir sur l’écologie, sur la puissance du végétal et sur un symbole comme Notre-Dame qui pourrait devenir le lieu d’une biodiversité flamboyante et rafraichissante à l’heure où la planète se réchauffe.  

De quoi donner des idées à ceux qui vont réellement plancher sur les futurs aménagements de la cathédrale.