Des bases du graphisme pour les pancartes, au ravitaillement en eau et nourriture des bénévoles, en passant par l'organisation d'une mobilisation de masse, ou la recherche de bons concepts... Il existe des formations spéciales pour apprendre à désobéir ce matin.

Camp Climat à Grenoble
Camp Climat à Grenoble © Adrien Tanghe

Oui prenez votre sac Nicolas et suivez-moi pour un séjour un peu spécial : un « camp climat », à ne pas confondre avec un « summer camp » américain. 

Ici, point d’ados ni de langue à améliorer, il faut être majeur et c’est l’urgence climatique qui est au programme.

Une petite semaine au choix dans 19 villes de France pour se former aux enjeux de la planète et à des modes d’action non-violente plus les risques juridiques qui vont avec.

Parce que c’est bien de désobéissance civile qu’il s’agit, ces actions illégales dont on parle beaucoup dans l’actualité menées par des militants pour occuper le siège d’une grande banque, décrocher des portraits présidentiels, ou peindre un avion en vert à Roissy. 

Et tout ça s’apprend, donc ?

Absolument, et depuis que les associations Alternatiba, les Amis de la Terre et ANV Cop 21 ont lancé ces camps climat il y a 5 ans, il y a de plus en plus d’inscrits. De 350 personnes au départ, on est passé à plus de 1.500 l’été dernier, fois quatre donc, pour participer à des ateliers théoriques et pratiques (dans le respect des gestes barrières je le précise) : par exemple les bases du graphisme (pour les pancartes), le ravitaillement en eau et nourriture des bénévoles - car c’est toute une chaine, un travail collectif -, organiser une mobilisation de masse, et trouver les bons concepts. 

Très important aussi, savoir dialoguer avec les élus, maintenir le calme lors d’une action, devenir street-médic et bien sûr, de l’initiation à l’action non violente je vous le disais, comme la célèbre technique dite du « poids mort » chez les activistes… 

C’est le fait de se relâcher totalement au sol pour ralentir les forces de l’ordre, qui ont bien du mal à déplacer la loque que vous êtes devenue, et cela sans risquer de les blesser. 

Mais qui participe à ces camps climat, on le sait ?

Et bien hormis les formateurs, ils sont tous novices, certains n’ayant même parfois jamais manifesté de leur vie. Le noyau est âgé de 20 à 35 ans mais on peut croiser des cadres supérieurs quinqua ou des retraités, suivant peut-être les pas de Phil Kingston, papi anglais de 84 ans devenue figure des désobéissants outre-Manche. 

  • Tous ont un point commun en tout cas : le désespoir, Nicolas !

Comme cette aspirante désobéissante arrivée par « dépit », dit-elle, et se disant que passer de ce côté-là fera peut-être davantage avancer les choses, se transformera en espoir, quitte à se retrouver un jour en garde-à-vue, ou au tribunal. 

Le phénomène prend de l’ampleur, et figurez-vous qu'il s’est même retrouvé jusque dans les sujets du bac philo cette année, avec la question « est-il toujours injuste de désobéir aux lois ? » Je vous laisse y réfléchir ! 

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