Gros plan aujourd’hui sur le retour de la menace terroriste d’Al-Qaïda au Yémen

En effet, sans l’avoir jamais vraiment quittée depuis plus de 10 ans maintenant, la menace oppressante d’Al-Qaïda est de retour sur la scène internationale.

La décision des Américains de fermer 25 ambassades dans les pays risqués a vite convaincu leurs alliés occidentaux de faire de même. En tous cas au Yémen. François Hollande a fermé l’ambassade française à Sanaa et a invité les ressortissants français à prendre les plus grandes précautions.

Alors pourquoi le Yémen pose-t-il problème ?

Plutôt mal connu, l’état du Yémen n’est autre, aujourd’hui, que le centre névralgique d’Al Qaida dans la péninsule arabique. Autrement dit AQPA.

L’histoire du Yémen est donc liée à celle du groupe terroriste depuis 2001.

Cette jeune république née en 1990 est issue de l’union de deux territoires : le Nord Yémen d’origine ottomane et le Sud Yémen, seul état à avoir été marxiste dans le monde arabe. Réunification, oui mais sans unité réelle, les Yéménites du Sud n’acceptent par leur rattachement au nord, et les activistes d’Al-Qaïda ont profité de ces troubles au sud pour installer leurs campements. L’islam sunnite est donc le seul moteur d’unification du pays et l’application de la charia est omniprésente.

Mais charia ne rime pas forcément avec islamisme radical, encore moins avec terrorisme. Et L’arrivée d’Al-Qaïda après le 11 septembre pose aujourd’hui problème aux Yéménites. Ils sont favorables au conservatisme religieux, ne respectent pas vraiment les Droits de l’Homme, mais ils rejettent et on les comprend, l’objectif principal d’Al-Qaïda : faire croisade contre les Etats-Unis et leurs alliés, dans le but de créer, à terme, un grand califat mondial.

Mais pourquoi le groupe Al-Qaïda s’est-il donc installé au Yémen ?

Al-Qaïda est aujourd’hui scindée en deux branches principales : AQMI en Afrique, et AQPA au Proche-Orient , l’AQPA est le résultat de la fusion des Saoudiens et Yéménites du mouvement. Comme l’Arabie Saoudite a eu les moyens de bouter hors de ses frontières les membres d’Al-Qaïda, c’est le Yémen qui les a tous récupérés. Et le problème, c’est que les dirigeants yéménites en place depuis dix ans, ont eu, continuellement une attitude ambiguë avec l’AQPA. Une sorte de pacte de non-agression mutuelle a même été conclu avec le gouvernement yéménite.

Mais cette donne semble avoir changé depuis le Printemps Arabe de 2O11 ; les membres d’Al-Qaïda ont profité des révoltes pour pénétrer un peu plus le sud du pays.

En même temps, la politique américaine menée au Yémen, l’un des pays les plus pauvres du monde, semble opérer : Barack Obama leur assure son soutien au Yémen dans leur quête de démocratisation, à la seule condition que les Yéménites luttent contre les terroristes.

Depuis 2012, l’armée yéménite effectue donc régulièrement des offensives qui visent à réduire l’influence d’Al-Qaïda dans le pays. La semaine dernière encore, le président du Yémen en déplacement à Washington, rappelait que la lutte antiterroriste était au cœur de ses préoccupations.

C’est donc cela qui expliquerait la menace grandissante et la fermeture des ambassades ?

Cette visite à Washington a pu contribuer à envenimer la situation mais ce n’est pas la cause majeure. Les menaces grandissantes jamais vues depuis 2001, selon les autorités américaines, sont justifiées par des causes conjoncturelles.

D’abord, la politique américaine menée en Egypte qui cautionnerait l’éviction des Frères Musulmans, aussi, la mort de quatre islamistes dernièrement tués par des drones américains au Yemen. On n'y croit moins car les Américains y envoient des drones depuis 10 ans. Sinon, la fin du Ramadan cette semaine constitue toujours un moment de tensions propices à d'éventuels attentats. Enfin, l'évasion des 500 islamistes en Irak, fin juillet, aurait très probablement été commanditée par Al-Qaïda et pourrait constituer ainsi un signe de ralliement.

Mais une cause plus structurelle demeure capitale ; Al Qaida a profité de l’affaiblissement des états pendant les Printemps arabes et s’est restructuré progressivement. Notamment, à l’aide des mouvances autonomes comme le Front Al Nosra en Syrie. Affaibli il y a 3 ans, le mouvement a donc su tirer profit des bouleversements du monde musulman.

En tous cas, le Yémen serait aujourd'hui cible et cœur du mouvement terroriste le plus organisé du monde.

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