Vous revenez aujourd'hui sur la situation en Syrie qui évolue, entre espoirs et désespoirs...

Actuellement, certaines lignes bougent en Syrie, l’approvisionnement en armes reste l’enjeu majeur, précisément vers ceux qui font la révolution: la coalition nationale syrienne et son bras armé, l'Armée syrienne libre : l’ASL.

Dans le camp El Assad chiite, rien à signaler, la fourniture en armes iraniennes et russes se porte au mieux. Et pour preuve, leurs migs 21 pilonnent massivement l'Ouest, dans les quartiers d'Homs, en particulier.

Côté rebelles donc, les choses sont plus complexes; les armes viennent principalement des alliés sunnites comme le Qatar ou l'Arabie Saoudite et semblent insuffisantes pour supporter l’avancée du régime.

Or, le rééquilibrage des forces en présence sur le terrain, dépend des moyens offerts à chaque camp.

Et les Occidentaux dans tout cela, comment se positionnent-ils ?

C’est justement l’enjeu du sujet. Les occidentaux envoient des médicaments et de l’argent oui, mais sur l’armement c’est plus compliqué.

Deux décisions importantes devraient, et on le souhaite, faire évoluer la situation…

La Première, c’est que la semaine dernière, l'embargo européen sur les armes destinées aux rebelles syriens, a pris fin. Mais pour l'instant, aucun envoi d'armes n'a été officiellement décidé. Derrière cette levée d'embargo, pèse un autre enjeu clé du conflit : l'utilisation des armes chimiques.

C'est ce qui constitue le nerf de la guerre en quelque sorte, en tous cas concernant la communauté internationale …

En effet, parce qu'il implique son intervention dans le conflit, ou pas :

C’est justement la seconde décision du moment, mais cette fois c’est l’ONU qui la prend:

Il y a quelques jours, Ban Ki Moon a annoncé le lancement d’une enquête sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie, et Bachar El Assad a donné son accord pour accueillir les investigateurs, après des semaines de refus.

Mais, pas folle la guêpe, il demande lui aussi une enquête sur l’utilisation d’armes chimiques, cette fois, par le camp rebelle ; il espère ainsi semer le doute sur les pratiques et les buts défendus par la coalition.

En tous cas, depuis un an, Obama avait prévenu : l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien devait entraîner irrémédiablement l'engagement des forces internationales en Syrie,... devait oui …. et le problème est là.

La ligne rouge a été dépassée, mais aucune action n'a été lancée, alors même que la France est parvenue à apporter aux Américains et à l’ensemble des pays Amis du peuple syrien/ les preuves demandées.

Mais alors Anne-Clémentine, quels sont les éléments de blocage qui freinent encore l’intervention?

Plusieurs choses. Alors oui, les Amis de la Syrie ne ciblent pas les mêmes intérêts : le Qatar et les états du Golfe souhaitent amplifier un approvisionnement massif en armes, les Etats Unis plus nuancés, comptent davantage sur la diplomatie. Comme la France d’ailleurs, qui adopte une position médiane et insiste aussi sur l’aide humanitaire.

Mais toutes ces positions ne sont pas forcément contradictoires.

Ce qu’il faut absolument désamorcer pour que le reste suive: c’est un retour à la raison des Russes…solution plutôt improbable, il faut bien le dire… et surtout, une séparation claire entre les intérêts de la coalition et ceux des islamistes qui s’y sont ralliés. Les occidentaux ne s’aventureront pas, si c’est pour soutenir les islamistes.

Cette collusion avec les islamistes porte donc préjudice aux rebelles, mais dans les faits, quelle est aujourd'hui la force politique de la coalition nationale syrienne?

Et bien, le nouveau chef de la coalition nationale Ahmad Jarba s’attache à redéfinir, en ce moment, les objectifs de son mouvement: il insiste sur sa séparation avec les islamistes. En visite chez ses alliés du Golfe, puis surtout en France et à New York le mois dernier, il a rappelé le besoin pressant de soutien politique, humanitaire et militaire face à l'avancée des troupes du régime.

Ainsi, devant cette réorganisation de la coalition, les choses sont claires : l’hésitation occidentale ne peut plus durer. Avec plus de 100 000 morts recensés et un mirage de conférence de la paix comme seul espoir, sans intervention, la Syrie ne peut que s'asphyxier.

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