L’Assomption, qui correspond à l’élévation de Marie, est une fête multiséculaire au sein du catholicisme, mais inscrite dans le dogme proprement dit assez récemment, en l’occurrence en 1950 par le pape Pie XII. Qui fête aujourd’hui sur la planète l’Assomption ? Et bien en principe un peu plus de 1 milliard 100 millions de personnes, chiffre évidemment très approximatif, et pas seulement sur le plan arithmétique. En effet, la foi est chose intime, et l’on peut parfaitement être, ou se sentir, ou se représenter catholique, sans obéir à toutes les règles, lois et interdits du corpus religieux. Donc plus d’un milliard de catholiques, soit environ la moitié du nombre total de chrétiens, établi lui à plus de 2,2 milliards d’êtres humains. A ce jour, le christianisme (soit à la fois le catholicisme, le protestantisme et l’orthodoxie) demeure ainsi la religion la plus représentée sinon la plus rituellement suivie dans le monde, juste devant l’islam. Derrière, nous trouvons les philosophies orientales que sont l’hindouisme, le taoïsme, le bouddhisme et leurs différentes variantes. Contrairement aux idées reçues, l’augmentation du nombre des catholiques dans le monde, même faible, se poursuit ; c’est vrai pour le nombre de baptisés mais aussi pour celui des membres du clergé, en particulier en Asie du sud-est et en Afrique subsaharienne.Mais alors, Frédéric, pourquoi parle-t-on systématiquement de crise grave du catholicisme, ou même pire, de sa fin prochaine ? Et bien parce qu’il y a crise en effet ! Mais pas partout, et pas dans l’absolu. Explication. C’est essentiellement en Europe que le catholicisme connaît une très profonde crise des vocations depuis plusieurs décennies au sud du continent, depuis quelques siècles peut-être en France. Ce reflux marque les esprits car c’est en Europe que dès le haut Moyen Age l’église catholique a prédominé, puis à partir de l’Europe qu’elle s’est étendue dans le monde [sauf bien entendu au Proche-Orient où les communautés catholiques subsistent parfois depuis l’époque christique]. Mais partout ailleurs, c’est surtout une forte concurrence qui entrave l’expansion de cette très vieille religion. Là encore, gare aux idées reçus : on se fourvoierait à croire que l’islam constitue le concurrent le plus coriace… Car c’est bel et bien le protestantisme – et pour être très précis un évangélisme ultra prosélyte – qui taille des croupières au catholicisme. Pensez, Bruno, que dans un pays profondément et très majoritairement catholique comme le Brésil, qui compte à lui seul autant de fidèles catholiques que toute l’Europe du sud réunie, plus de 10% de la population catholique a adopté l’évangélisme au travers de ses multiples églises en vingt ans à peine ! 10% en vingt ans… Même raz de marée évangélique en Afrique noire, autre gros bastion du catholicisme depuis la colonisation, du Nigéria au Congo en passant par l’Ouganda. L’église catholique, apostolique et romaine se consolera peut-être en regardant ses sœurs monothéistes musulmane et juive également victimes, quoique dans une moindre mesure, du phénoménal succès évangélique.Mais se consoler du grignotage des autres risque de ne pas suffire à enrayer le déclin relatif ! Peut-être le Saint Siège devra-t-il s’adapter à ce que font nombre de prédicateurs évangéliques ; du social, du festif, du consolatoire et beaucoup de souplesse doctrinale, au risque cependant de heurter les milieux catholiques conservateurs qui demeurent puissants.Quant aux agnostiques et autres athées, Bruno, aucune étude ne leur accorde de statistiques précises mais, franchement, au regard de l’évolution religieuse du monde actuel, c’est peut-être mieux ainsi, parole d’évangile !...

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