Anthony Bellanger

Hier, 19 août, l’Italie commémorait le bimillénaire de la mort de l’empereur Auguste… Mais sans tambours, ni trompettes Soyons juste : à Rome, l’anniversaire de la mort du premier des empereurs romains a tout de même été marqué par des expositions, un festival de poésie antique et même quelques illuminations de monuments.Comme par exemple l’Ara Pacis Augustae, l’autel de la paix édifié par Auguste, admirablement conservé et restauré et qu’on a habillé pour l’occasion de ses couleurs d’origine à l’aide de projecteurs. Une merveille.Mais, vous avez raison. Rien à la mesure du personnage, de son aura historique et patrimoniale. C’est un peu comme si l’Italie officielle avaient honte de son héritage impérial. Les commémorations ont été locales et presque privées.Quelle est la raison d’une telle méfiance ? Il y a une vraie raison. La dernière fois que l’Italie officielle a commémoré Auguste, c’était en 1937, pour le bimillénaire de sa naissance. C’était aussi en plein Italie fasciste.Mussolini n’a d’ailleurs jamais manqué une occasion d’associer son régime à la Rome impériale. On comprend mieux, du coup, les réticences de l’Italie républicaine et démocratique d’aujourd’hui.Mais il y a une autre raison, moins noble : en 3 ans et demi, le pays a connu 5 ministres de la Culture et surtout, une crise économique et budgétaire très sévère. Commémorer Auguste n’est donc pas une priorité du moment.Mais il y a pire encore : il y a le sort qui a été réservé au Mausolée de l’empereur lui-même. Edifié en 28 avant JC, c’est-à-dire du vivant de d’Auguste, il devait être restauré, mis en valeur et ré inauguré cette année pour le bimillénaire.Alors, depuis 2006, date de la 1ère délibération, rien n’a été fait. Auj., il est tjs dans l’Etat où l’ont laissé les Visigoths après l’avoir dévasté en 410 après JC. Il est vaguement protégé par des barrières de chantier et sert même de pissotière !Décidément les Italiens ne sont pas tendre avec leur passé romain ! Vous faites allusion à Pompéi, où des murs de maisons antiques se sont effondrés pas plus tard qu’en mars dernier. Eh bien : la mobilisation a payé !Devant l’indignation internationale, le ministère de la Culture italien a finalement mis la main à la poche. Une trentaine de gardes ont été embauchés et, depuis le 15 août, une dizaine de nouvelles maisons ont été ouvertes au public.Mieux encore ! On peut désormais déambuler dans les rues de la cité perdue après le coucher du soleil. C’est probablement ce qui inspiré un jeune Français et deux italiennes qui se sont laissés enfermer ensemble, dans Pompéi, le 18 août au soir.La police italienne les a retrouvé nus comme des vers, un peu éméchés et fêtant d’une façon très… antique… le bimillénaire de la mort d’Auguste dans l’ancien lupanar de Pompéi, entouré de fresques érotiques.Ils ont dû se rhabiller en cellule de dégrisement…

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