Aujourd’hui Frédéric, consacre sa Chronique internationale aux JO de Londres qui s’ouvrent officiellement ; un grand moment de sport mais aussi de politique !

Comment s’étonner de l’instrusion massive du politique dans les Jeux Olympiques ? Question si souvent posée – en fait tous les quatre ans – et oh combien naïve ! D’abord parce qu’aux JO, les équipes sont constituées sur la base d’Etat-nations. Or qu’est-ce qu’un Etat sinon une entité fondamentalement politique ?! On ne sache pas que les athlètes s’unissent par affinités musicales, intellectuelles ou gastronomiques. Vous imaginez, Pierre ? Un jour, l’équipe des amateurs de Jacques Brel au lancer du poids, les lecteurs fan de Franz Kafka aux 200 mètres-haie, les amateurs de quatre-quarts bretons ou de cheese naan à l’escrime ?! Ah ça aurait de la gueule et pas nationaliste pour le coup… (Bon, resterait à inventer des drapeaux et des maillots, mais ça c’est une autre histoire). Donc, du politique, et à l’échelle de la planète. Ensuite, la mondialisation de l’information, l’instantanéité de l’image et son hégémonie renforcent la quête du soft power, et conduisent à une implication plus forte encore du politique. Qu’on se souvienne du combat titanesque auxquels se livrèrent Paris et Londres au plus haut niveau de l’Etat – c'est-à-dire avec Messieurs Blair et Chirac – pour obtenir le sésame. Et qu’on ne parle pas économie ; tout indique que l’organisation des JO coûte finalement plus cher pour le pays hôte qu’elle ne lui rapporte. Non, réellement, l’avantage présumé demeure dans le domaine du diplomatique, peut-être du psychologique ; après tout, être le citoyen d’un nombril du monde pendant quelques semaines, n’est-ce pas un peu par procuration son moment de gloire télévisée ?...

Mais cette instrumentalisation de la reine des compétitions sportives par le politique n’est tout de même pas nouvelle !

Certes pas ! Sans remonter jusqu’à l’Antiquité – qui voyait déjà s’affronter des équipes par cités, la version antique de l’Etat moderne – les JO ont toujours été instrumentalisés à des fins politiques. Les nazis font des JO de Berlin de 1936 une vitrine en trompe l’oeil, l’Ouest boycotte les JO de Moscou en 1980 pour protester contre l’invasion soviétique de l’Afghanistan, l’Est réplique quatre ans plus tard en boycottant ceux de Los Angeles, etc… Sans oublier les poings rageurs levés des athlètes noirs américains à Mexico en 1968, ou encore les sanglants JO de Munich en 1972 au cours desquels les terroristes de Septembre noir assassinaient 11 athlètes israéliens. Ajoutons qu’à plusieurs reprises, des athlètes ont reçu l’ordre de leur délégation – bref, de leur gouvernement – de ne pas rencontrer un adversaire sous prétexte d’un état de belligérance. Et le mouvement n’est pas prêt de s’interrompre, puisque le voile islamique fera son entrée avec fracas, en attendant d’autres manifestations de revendications identitaires n’ayant – en principe – rien à faire dans une enceinte prétendument dévolue à la fraternité entre les hommes.Bon, cela dit, Pierre et pour conclure avec le sourire ; il y a deux façons d’aborder ces JO de Londres : si l’on souhaite paraître compétent – enfin au moins sur la ville ! – on lit l’Atlas de Londres paru aux éditions Autrement. Et si l’on a envie de s’en moquer, des JO – parce qu’on a le droit, tout de même ! –, et bien on lit le « Charlie Hebdo » de cette semaine, et croyez-moi, lui ne s’en prive pas !

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