Le Figaro Magazine publiera demain un sondage indiquant une nouvelle chute de la cote de confiance du Président de la République et du Premier ministre.

Et cette fois, la baisse est vraiment préoccupante pour l’exécutif. Notre baromètre mensuel indique une chute de 5 points de François Hollande et de 7 points de Jean-Marc Ayrault. La cote de confiance du Président est tombée à 36%, celle du Premier ministre à 34% : il n’y a plus qu’un gros tiers des Français qui font confiance à l’équipe au pouvoir. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy, six mois après son élection, affichait 53% d’opinions favorables.

- Comment expliquez-vous cette chute de François Hollande ?

C’est une défiance de nature politique plus que personnelle, c’est-à-dire le contraire de ce qui se passait avec son prédécesseur. Sarkozy s’est mis à dégringoler dans les sondages quand les Français ont eu le sentiment qu’il s’occupait davantage de sa vie privée que des affaires du pays.

Mais sa politique continuait à être soutenue par les électeurs de droite. La preuve, c'est que François Fillon, qui était chargé de la mettre en œuvre, restait populaire.

Avec François Hollande, les choses sont différentes. Le Président a gardé la sympathie des Français, qui apprécient son style modeste. Jean-Marc Ayrault non plus n’est pas rejeté. Et pourtant l’un et l’autre chutent vertigineusement dans les sondages.

L’explication est simple : ce n’est pas leur personne mais leur politique, ou plutôt leur absence de politique qui est en cause.

Un nombre croissant de Français ont le sentiment que le tandem au pouvoir ne décide rien, à part d'augmenter massivement les impôts et de ressortir quelques vieilles recettes comme les emplois jeunes.

Quand il explique que les 35 heures ne sont pas un sujet tabou avant d’affirmer quelques heures plus tard qu’il ne les remettra jamais en cause, il valide le sentiment général qu’il n’y a pas de direction claire au sommet de l’Etat.

- Ce n’est évidemment pas comme cela que François Hollande voit les choses…

Non, d’ailleurs il en a fait la confidence à nos confrères du Monde . Le Président attribue son impopularité à la crise, reconnait que c’est très dur, mais pense que la reprise peut arriver au deuxième semestre 2013, entrainant une inversion de la courbe du chômage. Et même s’il ne le dit pas au Monde , il sait que si le chômage baisse, la confiance des Français reviendra.

Mais il me semble que ce pronostic de François Hollande valide l’accusation d’immobilisme qui lui est faite.

Le Chef de l’Etat estime que la croissance va revenir et que le fameux choc de compétitivité demandé à cor et à cri par le patronat n’est pas indispensable.

C’est pour cela qu’il s’apprête selon toute vraisemblance à enterrer le rapport Gallois la semaine prochaine. La stratégie du Président, c’est d’attendre la reprise qui va arriver. « C’est une question de cycle », selon lui.

Mais apparemment les Français ne sont pas aussi optimistes que leur président. Ou peut-être sont-ils plus lucides.

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