Par Stéphane Leneuf

François Bayrou
François Bayrou © Radio France

Le Modem tenait ce week-end son université de rentrée à Guidel, dans le Morbihan. Les militants attendaient de François Bayrou quelques clarifications sur la ligne à venir du parti, après son échec à la présidentielle.

Que retenir de cette séance de câlinothérapie ?

C’est une véritable thérapie collective à laquelle se sont livrés les militants du Modem. Il faut dire que la situation du parti, mais également de François Bayrou lui-même, n’est pas brillante. Après son troisième échec à la présidentielle, mais aussi son choix personnel en faveur de François Hollande et son échec aux législatives, François Bayrou est aujourd’hui un homme totalement isolé.

La droite le déteste. Elle l’estime en partie fautif de la défaite de Nicolas Sarkozy. La gauche, après lui avoir fait perdre sa circonscription, continue de le mépriser.

Au sein du parti, les militants sont déboussolés, divisés entre ceux qui font les yeux doux à la majorité, ceux qui lorgnent de plus en plus ou qui ont déjà rejoint l’Union des Démocrates Indépendants, le nouveau rassemblement de Jean-Louis Borloo, et ceux qui campent sur la position du chef : le centre c’est au milieu, ce n’est ni à droite, ni à gauche.

- Le problème, c’est que les militants attendaient ce week-end un nouveau cap pour le Modem, mais après le discours de François Bayrou hier, ils restent totalement dans le brouillard.

François Bayrou n’a pas fait de choix stratégique clair et il n’est pas sûr que les militants soient rassurés quant à leur avenir. Il a refusé de trancher dans le vif, craignant sans doute d’enclencher une scission. Il a donné aux représentants de chaque courant ce qu’ils voulaient entendre, réaffirmant que le centre n’était ni de droite ni de gauche, qu’il pouvait travailler avec une droite honorable et républicaine et avec la gauche si l’évolution réformiste actuelle allait jusqu'à son terme.

- Finalement, au Modem, on ne change pas une stratégie qui perd !

Visiblement, François Bayrou préfère une nouvelle fois temporiser, se donner du temps, les prochaines échéances électorales n’étant qu’en 2014.

Le président du Modem pense qu’il a toujours la main, sauf que la main, il ne l’a plus. Aujourd’hui, c’est Jean-Louis Borloo qui mène la danse centriste avec l’UDI. Au Modem, tout le monde en a conscience, puisqu’on réfléchit à la possibilité d’accorder la double appartenance pour ralentir l’exode de militants...

Ce week-end, François Bayrou a tenté de reprendre l’initiative en réitérant son offre de collaboration à Jean-Louis Borloo pour réunifier la famille centriste. Il s’est prononcé, d’autre part, pour une primaire au centre, en vue de la prochaine la présidentielle. En clair, François Bayrou a pris date pour l’avenir. Une manière de rappeler que lui, contrairement à Jean-Louis Borloo qui a fait défection, il s’est présenté trois fois à la présidentielle.

Au passage, François Bayrou a taclé son adversaire en déclarant : « Il n’y a que les faibles qui craignent la compétition ». Une manière de faire comprendre à la galaxie centriste qu’il reste incontournable. Reste que le problème de François Bayrou, c’est que les élus et militants sont lassés, aujourd’hui, par ses échecs électoraux et la stratégie trop personnelle de leur président. Certains, au niveau local, joueront leur survie politique en 2014 et ils ne sont plus prêts à le suivre dans une nouvelle aventure solitaire.

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