Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

les députés adoptent l'article clé du projet de loi sur le mariage pour tous
les députés adoptent l'article clé du projet de loi sur le mariage pour tous © reuters

L’Assemblée nationale a rejeté samedi un amendement instituant une clause de conscience pour les maires refusant de célébrer des mariages homosexuels.

C’est l’opposition qui avait déposé cet amendement mais ce n’est pas elle qui en est à l’origine : c’est François Hollande lui même. Il y a un peu plus de deux mois, le Président avait affirmé publiquement devant des centaines d’élus de l’association des maires de France qu’ils disposaient d’une liberté de conscience par rapport au mariage homosexuel, et qu’ils pourraient déléguer la célébration de ces mariages à leurs adjoints.

Et là, on a pu mesurer la puissance du lobby gay. Dès le lendemain, deux représentants d’associations homosexuelles rappelaient à l’ordre le chef de l’Etat dans son propre bureau, devant les photographes dûment convoqués, et déclaraient fièrement sur le perron de l’Elysée que le Président de la République était revenu sur ses déclarations.

Le refus de l’Assemblée d’accorder aux maires leur liberté de conscience est assez représentatif, me semble-t-il, du climat d’intolérance qui règne à gauche sur ce dossier du mariage et de l’adoption homosexuelle.

  • Cela dit, on peut comprendre que la majorité rejette un amendement contraire à la loi...

Mais l’amendement ne remettait pas en cause le principe de la loi, ni même son exécution puisque le procureur de la République aurait pu, si l’amendement avait été approuvé, désigner d’office un officier d’état civil s’il n’y avait pas de volontaire pour célébrer un mariage homosexuel. Dans la mesure où cette loi heurte profondément la conscience de très nombreux maires, cela aurait été un signe de respect pour leurs convictions, mais la gauche l’a refusé.

En fait, on constate que toute limitation, tout encadrement du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels est systématiquement refusé par les députés socialistes et leurs alliés. Le patron du groupe socialiste, Bruno Le Roux, a publiquement désavoué hier le Premier ministre qui voulait se donner le temps de la réflexion sur la procréation médicalement assistée. Le Roux refuse que le Comité national d’éthique puisse lancer un débat sur le sujet. La gauche veut une loi autorisant la PMA pour les couples de femmes homosexuelles dès le mois de mars.

- Comment analyser cette prise de position ?

Je crois qu’elle est représentative d’une forme aiguë de sectarisme. Tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le mariage et l’adoption homosexuels sont systématiquement caricaturés et culpabilisés.

Bernard-Henri Lévy parlait la semaine dernière de « la marée noire de l’homophobie ancestrale » pour désigner ceux qui manifestent pacifiquement contre ce projet de loi.

La gauche parle sans arrêt de non discrimination et de tolérance, mais dans les faits, celles ci ne s’appliquent qu’à ceux qui pensent comme eux. Cette intransigeance envers les résistants au nouvel ordre moral ne se manifeste d’ailleurs pas qu’en France. Il y a quelques jours, dans une totale indifférence médiatique, la Cour européenne des droits de l’Homme a validé le licenciement d’un employé municipal britannique qui refusait de célébrer une union civile homosexuelle au nom de ses convictions chrétiennes. Et à mon avis, ce n’est qu’un début.

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