Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

Nathalie Kosciusko-Morizet a remporté assez largement lundi dernier la primaire organisée par la droite en vue des municipales parisiennes.

Et pourtant, son élection continue à faire des vagues à droite.

nkm craint un "sabotage" de la primaire ump à paris par l'aile droite du parti
nkm craint un "sabotage" de la primaire ump à paris par l'aile droite du parti © reuters

Oui, et c’est une vraie surprise. Avec 58% des voix, le succès de NKM a été net et sans bavure.

Et pourtant, une voix qui compte à droite a remis en cause très durement le choix des votants à cette primaire, en affirmant que NKM était « la meilleure pour perdre à Paris ». Cette voix, c’est celle de Patrick Buisson, qui avait inspiré la droitisation de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

Selon lui, NKM est « trop bling-bling, trop mariage gay » -ce sont ses termes-, pour pouvoir l’emporter en 2014 face à Anne Hidalgo. On sait que Buisson ne porte pas dans son cœur l’ancienne ministre de l’Ecologie, qui l’avait accusé d’avoir voulu faire gagner Charles Maurras, le théoricien de l’action française, plutôt que Sarkozy à la dernière présidentielle.

Mais les déclarations de Patrick Buisson sont quand même intéressantes, car même ses adversaires reconnaissent qu’il est un politologue hors pair. Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que la victoire de NKM à la primaire du week-end dernier n’a pas été un plébiscite des électeurs parisiens de droite, puisqu’il y a eu une très faible mobilisation.

Mais, pour autant, le style de NKM et ses prises de positions sur le mariage homosexuel ne l’ont pas desservie puisqu’elle a largement gagné. En fait, il est trop tôt pour savoir si elle a le bon profil pour l’emporter l’année prochaine, parce que les enjeux de la campagne parisienne ne sont pas encore fixés.

- La position de Patrick Buisson sur la candidature NKM reflète-t-elle le point de vue de l’ancien président ?

Ce n’est pas sûr. Buisson reste très proche de l’ancien président, mais cela n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de soutenir la candidature de NKM. On a le sentiment, aujourd'hui, que l’ancien président ne veut pas se laisser enfermer, qu’il envoie des signaux de tous les cotés.

Et c’est bien cela qui inquiète Buisson, cette indécision de la droite sur la stratégie à tenir. Il craint que le choix de Nathalie Kosciusco-Morizet à Paris ne fasse jurisprudence pour la prochaine primaire, celle de 2016 qui doit désigner le candidat de l’UMP à la présidentielle.

Pour Buisson, si la droite choisit une ligne politique et un champion trop centriste, elle n’a aucune chance de revenir au pouvoir.

- Une droite forte pour pourvoir revenir aux affaires : vous partagez ce point de vue ?

Je ne suis pas devin mais j’ai lu pas plus tard qu’hier un sondage Ifop qui donne pour la première fois le Front national à égalité avec l’UMP et le Parti socialiste pour les élections européennes de l’année prochaine.

J’ai lu dans leFigaro de ce matin que la crèche Baby Loup, qui avait défrayé la chronique en refusant qu’une de ses employées travaille voilée, est aujourd’hui obligée de déménager sous la pression des intégristes musulmans. Et cela se passe à Chanteloup-les-Vignes, à 20 kilomètres de Paris. Ce genre de problème ne touche pas l'électorat bobo de la capitale, mais il préoccupe les Français. La droite devra y apporter des réponses claires.

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