Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine

Vous avez vu la Une du Nouvel Observateur de ce matin : « Sont-ils si nuls ? ». C’est violent. Je vais vous faire une confidence, c’est même plus violent que la couverture du Figaro Magazine qui sort demain, puisque nous nous « contentons » de titrer : « Sont-ils au niveau ? ».

Jean-Marc Ayrault et François Hollande (Bressuire)
Jean-Marc Ayrault et François Hollande (Bressuire) © jmayrault

Mais quelle que soit la façon dont on pose la question, il y a un vrai doute sur la compétence de l’équipe au pouvoir. Peut-être mêm y-a-t-il un doute, presque inconscient, sur sa légitimité.

Pas démocratique évidemment, François Hollande et sa majorité ont été élus de façon impeccablement démocratique ; Mais un doute sur leur légitimité idéologique, culturelle, pour répondre à cette crise dont le Président de la République lui-même reconnaît, mais un peu tard, qu’elle est « d’une gravité exceptionnelle ».

Je m’explique. François Hollande a été élu en endormant les Français. En promettant qu’il allait relancer la croissance en tordant le bras à Madame Merkel, en expliquant qu’on sortirait de la crise en faisant payer les riches. C’est ce qu’il appelait « réenchanter le rêve français ».

Mais voilà, le rêve se transforme en cauchemar au fur et à mesure que le chômage monte. Et de plus en plus de Français se disent : nous n’avons pas la bonne équipe, les bonnes personnes au pouvoir pour faire face à la situation. Il y a une erreur de casting. D’où l’effondrement du tandem Hollande/Ayrault dans les sondages.

- Selon vous, c’est plus l’absence d’une politique économique forte qui est sanctionnée que les personnalités du Président et de son Premier ministre ?

Concernant François Hollande, il y a un doute sur sa capacité à devenir pleinement Chef de l’Etat, sur sa force de caractère, sa difficulté à décider et cætera, tout cela a été dit et redit.

Concernant Jean-Marc Ayrault, c’est différent. Il est un peu comme la pile de la publicité, « qui ne s’use que si l’on s’en sert ». Plus il s’expose, plus son autorité est contestée, dans son camp comme dans l’opinion.

C’est peut être du à sa personnalité, mais surtout au fait que le couple exécutif fonctionne à l’envers.

Ce n’est pas au Premier ministre de fixer la politique de la France. Ce n’est pas lui qui a été élu par le pays.

Pour dire les choses un peu trivialement, quand le Président cessera de se cacher derrière son Premier ministre, il y a fort à parier que la cote de Jean-Marc Ayrault remontera dans l’opinion.

François Hollande ne peut plus diriger le pays comme si Nicolas Sarkozy ne l’avait pas précédé dans la fonction. L’ancien président a instauré une omniprésence de l’Elysée à laquelle les Français se sont habitués.

En restant à ce point en retrait, c’est François Hollande qui est hors norme. Pour un président normal, c’est le comble !

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