Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

nicolas sarkozy pourrait revenir "par devoir" en politique
nicolas sarkozy pourrait revenir "par devoir" en politique © reuters

L’écho rencontré par les confidences de Nicolas Sarkozy à Valeurs actuelles aété assez considérable.

Le retentissement médiatique a effectivement été assez énorme hier. Pour les gens qui n’aiment pas Sarkozy -il paraît qu’il y en a quelques uns en France- heureusement qu’il y avait aussi la disparition d’Hugo Chavez pour nourrir l’actualité, sinon on aurait parlé que de Sarkozy à longueur de journaux radio et télé.

Et c’est le premier enseignement de ces confidences à Valeurs actuelles : le prédécesseur de François Hollande reste LA star de la vie politique française.

Il a beau répéter lors de ses rares interventions qu’il ne redescendra plus dans l’arène, personne ne le croit. Il est plus que jamais un homme politique, pas un sage retiré des affaires et encore moins un observateur.

- Et sur le fond, il y a du nouveau dans ces déclarations ?

Sur ses projets personnels, non.

Sarkozy réaffirme qu’il abandonne la politique, mais il continue à se poser en recours au cas où trois conditions seraient réunies (et il pense qu’elles le seront) : un échec économique et social de François Hollande, une poussée des extrémismes de gauche et de droite, et une absence de candidat crédible dans son camp.

Le 8ème arrondissement de Paris où il a ses bureaux est légèrement moins excentré que Colombey-les-deux-Eglises, mais enfin cette posture gaullienne de l’homme d’Etat qui attend que le pays le rappelle parle aux électeurs de droite.

D’un point de vue plus tactique, cette stratégie du recours indique aussi clairement que Sarkozy n’a nullement l’intention d’entrer dans la mécanique des primaires qui sont supposées désigner le candidat de la droite à la prochaine présidentielle. Il considère que ce n’est pas de son niveau.

Pour son principal rival, François Fillon, ça va être un gros gros problème : l’ancien premier ministre ne pourra pas se mesurer en face à face l’ancien président. Fillon affirmait la semaine dernière qu’il était « au même niveau » que Sarkozy, ce dernier vient de lui rappeler qu’il ne jouait pas tout à fait dans la même cour.

  • Dans cette interview, il y aussi les propos très alarmistes de l’ancien Chef de l’Etat sur la situation de la France.

En effet. Depuis plusieurs mois, Nicolas Sarkozy répète à presque tous ses visiteurs que nous allons vers une très grave crise, à la fois sociale, financière et politique.

Il considère qu’il y a dans le pays un ressentiment très profond contre François Hollande, qui va éclater un jour ou l’autre, de la même façon que va éclater une crise financière. A-t-il raison ? Pour l’instant, non.

On l’a bien vu avec l’échec des manifestations organisées mardi par la CGT et le Front de gauche contre la politique de François Hollande. Le pays est calme, et nos créanciers continuent à nous prêter de l’argent.

Est-ce que cela va continuer longtemps ? Personne n’en sait rien et Nicolas Sarkozy pas plus qu’un autre. Mais il aura pris date au cas où la crise empire : même chez un homme qui dit que cela ne l’intéresse plus, cela s’appelle faire de la politique.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.