Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

Amende contravention
Amende contravention © Fotolia/Delphimages

Faire passer les PV de stationnement de 17 à 35 euros, soit 110% d’augmentation ? « C’est plutôt une bonne idée » a déclaré hier Anne Hidalgo, dauphine officielle de Bertrand Delanoë pour les prochaines municipales à Paris.

Voilà qui va réjouir les pauvres automobilistes qui s’aventurent encore dans la capitale malgré les embouteillages que provoque la fermeture des voies sur berges, transformées par la mairie en une grande base de loisirs.

- Mais l’idée de doubler le prix des PV ne vient pas d’Anne Hidalgo, c’est une idée du Premier ministre.

C’est vrai, elle date de mercredi dernier pour être précis. Dans le calendrier, on fête un saint tous les jours, avec les socialistes, on a droit à un projet d’impôt par jour. Leur imagination est sans limite : depuis quinze jours, on nous a parlé d’une nouvelle augmentation de la TVA, d’une taxe sur le gazole, d’une fiscalisation des allocations familiales et donc maintenant d’une augmentation des PV. Ce n’est plus un gouvernement, c’est un vrai concours Lépine fiscal.

- Dans tous les cas cités, il ne s’agit que de projets.

Oui. Et c’est pour cela que la stratégie gouvernementale est totalement incompréhensible. Une augmentation d’impôt, c’est toujours une mauvaise nouvelle, raison de plus pour ne l’annoncer que quand elle est certaine. Alors que là, dans un amateurisme invraisemblable, les annonces puis les démentis se succèdent et plus personne n’y comprend rien. Parfois, ce sont les ministres eux-mêmes qui s’étripent publiquement, comme dans le cas du diesel, où la ministre de l’Ecologie réclamait une hausse des taxes tandis qu’Arnaud Montebourg la refusait pour ne pas affaiblir un peu plus l’industrie automobile française.

Sur le chiffrage de la politique fiscale, c’est la même cacophonie. Ce week-end, dans une interview au JDD , le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, expliquait qu’il fallait trouver 6 milliards d’euros d’impôts supplémentaires pour, je cite, « maintenir les recettes de l'État au même niveau, pas pour les augmenter ». Je n’ai pas fait l’ENA, mais si 6 milliards d’impôts nouveaux, ce n’est pas une augmentation, je ne sais pas ce que c’est !

- Que peut faire le gouvernement pour rendre son discours plus audible ?

Cela ne va pas être simple. D’abord, il faudrait un premier ministre assez crédible pour avoir de l’autorité sur ses troupes. Or tout le monde sait que Jean-Marc Ayrault est totalement démonétisé (ses ministres eux mêmes vous le répètent en boucle dés que le micro est fermé). Mais même avec un nouveau chef de gouvernement, le problème ne serait pas réglé. C’est François Hollande lui même qui est décrédibilisé. A force de promesses non tenues, sur les déficits notamment, les Français ne le croient plus. Il passe deux jours en Bourgogne, il doit parler à la télévision d’ici la fin du mois. Et bien je pense qu’il a tort. Avant de parler, qu’il commence par fixer enfin des objectifs crédibles et les moyens de les atteindre. Il en a été capable pour faire intervenir la France au Mali, qu’il fasse la même chose avec les finances publiques du pays.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.