Par Benjamin Sportouch, journaliste à l'hebdomadaireL'Express

Samedi, l’UMP a réuni ses cadres et dans le discours de François Fillon, un nom n’a pas été prononcé,

C’est passé inaperçu, mais dans ce premier discours de François Fillon depuis la fin de la guerre interne, il n'y avait aucune référence à Nicolas Sarkozy. Pendant la campagne pour la présidence du mouvement, il ne manquait pas de glisser à chaque fois un hommage à l'ancien chef de l'Etat, un peu contraint et forcé. Mais les choses ont changé et voilà François Fillon définitivement affranchi. Et surtout lancé dans la présidentielle de 2017 qui passera par une primaire. Il devrait officialiser sa candidature d’ici la fin du mois. Sauf incident majeur, on le voit mal renoncer.

- Certains prennent pourtant soin de cultiver le souvenir de Nicolas Sarkozy…

Et en premier lieu l’un de ses plus fidèles lieutenants, Brice Hortefeux, qui a lancé l’Association des amis de Nicolas Sarkozy. Mais si on regarde bien le nouvel organigramme de l’UMP, que constate-t-on ? Tout simplement que les deux duos juste en dessous de Jean-François Copé, Valérie Pécresse-Michèle Tabarot d’un côté, Laurent Wauquiez-Luc Chatel de l’autre, ne font pas partie de la garde prétorienne qui participe à ce véritable culte de la personnalité.

- Est-ce à dire que l’UMP a tourné la page Nicolas Sarkozy ?

Doucement mais sûrement, l'après Sarkozy a commencé. La désarkoization de l’UMP est enclenchée. Nicolas Sarkozy peut avoir envie de revenir. C’est un animal politique et on imagine difficilement qu’il ne pense pas, le matin en se rasant par exemple, à prendre sa revanche sur François Hollande. Mais un retour est de plus en plus compromis. La sarkomania est toujours très présente chez les militants UMP. Mais cela tient principalement à la question du leadership qui n’est toujours pas définitivement réglée. Et elle ne le sera vraiment qu’en 2016, au moment du choix du candidat à la présidentielle.

- Justement, Nicolas Sarkozy pourrait revenir à cette occasion !

C’est très peu probable. Imaginez le scénario ! Il devrait alors se soumettre à une élection interne face à son ancien Premier ministre, mais aussi face à d’autres jeunes loups de l’UMP qui ont bien compris, après le coup d’essai des socialistes, qu'une primaire ouverte est un formidable tremplin médiatique. Et les talents ne manquent pas à l’UMP : de Nathalie Kosciusko-Morizet à Bruno Le Maire en passant par Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand. Ce vivier de trentenaires et quadragénaires expérimentés complique un peu plus un retour de Nicolas Sarkozy.

Si Nicolas Sarkozy a besoin de l'UMP pour sa survie politique, l'inverse n'est pas avéré. Il pourrait même devenir son boulet.

Ils se garderont bien de le dire publiquement mais beaucoup de cadres du parti ne croient pas possible un come back de leur ancien chef quand ils ne le souhaitent tout simplement pas. Ils mettent en avant deux motifs supplémentaires : l’effet zapping qui touche tous les pans de la société. En politique aussi les électeurs tournent vite la page.

L’autre raison est plus propre à Nicolas Sarkozy : c'est son goût assumé pour l’argent. Il en gagne beaucoup pour ses conférences. Un goût que ne partagent toujours pas les Français.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.