Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

alain juppé croit sentir l'envie de nicolas sarkozy pour la présidentielle de 2017
alain juppé croit sentir l'envie de nicolas sarkozy pour la présidentielle de 2017 © reuters

Alain Juppé a fait sursauter la droite hier en affirmant qu’il « croyait sentir » que Nicolas Sarkozy avait envie de se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Est-ce sérieux ?

Pour accréditer son propos, Alain Juppé a expliqué que Nicolas Sarkozy suivait avec beaucoup d’attention l’actualité politique. Et c’est vrai. Ou pour être plus précis, il suit l’actualité politique et internationale. La politique est une drogue dure dont on ne se désintoxique pas en quelques mois, et puis l’ancien président donne régulièrement des conférences à huis clos sur la situation internationale. Il doit donc se tenir au courant des affaires du monde, ne serait-ce que pour maintenir son « employabilité », comme on dit dans le jargon des ressources humaines.

- Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il prépare son retour…

C’est vrai. En fait, d’après les confidences de ses visiteurs, Nicolas Sarkozy tient deux positions en apparence contradictoires.

D’un côté, il dit qu’il ne refera plus jamais de politique et de l’autre, il suit avec une attention extrême ce qui se passe à droite.

Le fait par exemple d’être plébiscité comme le meilleur candidat possible dans les sondages auprès des sympathisants de l’UMP ne lui est pas du tout indifférent.

Et il a regardé avec une satisfaction à peine dissimulée les deux candidats à sa succession, Copé et Fillon, s’autodétruire dans la campagne pour la présidence de son ancien parti. Pour autant, il sait parfaitement qu’il ne peut pas revenir dans la vie politique normale. Il n’a aucune envie de redevenir conseiller général, comme Giscard en 1982, un an après avoir été sorti de l’Elysée par François Mitterrand. Ni même de se présenter à une primaire à droite pour la présidentielle. En fait, il se met dans la position d’être un recours si personne n’émerge dans sa famille politique pour être candidat en 2017 et ainsi empêcher Marine Le Pen d’être présente au second tour.

C’est ce que Carla Bruni a laissé entendre avant-hier, même si elle ne souhaite pas que son mari replonge dans l’arène.

- Il n’y a rien de nouveau là dedans : Nicolas Sarkozy s’est placé dans la position du recours dès le soir de sa défaite, en déclarant aux militants UMP, « je resterai l’un des vôtres ».

Oui, mais il est de plus en plus convaincu qu’il est le seul vraiment capable de diriger le pays. François Hollande l’indispose de plus en plus. Après la libération de Florence Cassez, Brice Hortefeux reprochait au Chef de l’Etat de ne pas y avoir associé son prédécesseur. Il disait tout haut ce que son ami Sarkozy pensait tout bas. Et cette semaine, d’après son entourage, le même Sarkozy est très critique sur la désinvolture dont a fait preuve François Hollande lors de la démission de Benoit XVI. D’une manière générale, il considère que son successeur à l’Elysée n’a pas le niveau. Et il pense aussi que le gros de la crise économique et social est devant nous.

Mais, pour autant, il n’en dira rien en public. C’est beaucoup trop tôt, le silence est de bien meilleure politique de faire monter le désir chez ses partisans. En laissant les autres, comme Juppé, parler pour lui.

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