Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

Débat autour de la Procréation Médicalement Assistée. Elle divise « aussi » les députés socialistes.

Vous vous souvenez que le projet présidentiel de François Hollande prévoyait d’autoriser le mariage et l’adoption pour les homosexuels et pas la procréation médicalement assistée (PMA). Mais sous la pression des associations homosexuelles, les patrons du Parti socialiste veulent ajouter cette mesure dans la loi via un amendement. Ils ont essayé hier de forcer la main des députés PS, en les inscrivant tous comme signataires de l’amendement sans leur demander leur avis.

Seulement voilà, 27 d’entre eux (et on dit qu’ils pourraient être beaucoup plus nombreux aujourd’hui) ont refusé le coup de force.

Ils ont écrit à leur président de groupe, Bruno Leroux, pour dénoncer l’absence de débat et lui demander « de respecter leur liberté de conscience ».

- Cette initiative marque-t-elle un tournant dans ce dossier ?

Oui, je le crois. D’abord, c’est une nouvelle illustration de la façon dont certains dirigeants socialistes essaient d’interdire le débat sur le mariage homosexuel.

On avait déjà vu le sénateur-maire PS du XIXème arrondissement de Paris essayer de censurer l’émission de Benoit Duquesne sur France 2, « Complément d’enquête », parce qu’elle donnait la parole à une opposante au projet de loi.

On avait vu le responsable de l’Eglise catholique en France avoir 10 minutes, et pas une de plus, pour expliquer son point de vue à la Commission des lois de l’Assemblée, alors qu’il représente plusieurs millions de pratiquants.

Cette fois, ce sont des députés socialistes eux-mêmes qui protestent devant cette privation de parole. Cela ne peut qu’encourager tous ceux qui essaient de s’opposer au projet de loi, notamment par une grande manifestation le 13 janvier prochain.

Et puis, il y a le fond du dossier. Le principal argument des adversaires de la loi est que le mariage homosexuel débouche forcément sur tous les droits connexes, pour qu’il n’y ait pas de discrimination.

S’il y a mariage, il y a forcément adoption, et donc procréation médicalement assistée, puisqu’elle est accessible aux couples hétérosexuels. L’amendement socialiste autorisant la PMA leur donne raison.

- Pourtant, François Hollande a expliqué que s’il avait voulu la PMA, il l’aurait prévue dans le projet de loi.

Oui, le Chef de l’Etat sait que la procréation médicalement assistée va entrainer un jour ou l’autre la gestation pour autrui, c’est-à-dire les mères porteuses, pour que les homosexuels hommes aient les mêmes droits que les femmes. Et il refuse de s’engager sur ce terrain. Mais, à gauche, certains sont beaucoup moins ambigus.

L’homme d’affaires socialiste Pierre Bergé, très impliqué dans le dossier, l’a expliqué ce week-end : « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? ». Au moins, c’est clair.

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