ParRomain Gubert, journalise à l'hebdomadaireLe Point

jérôme cahuzac dit qu'il ne se laissera pas impressionner par les allégations de mediapart
jérôme cahuzac dit qu'il ne se laissera pas impressionner par les allégations de mediapart © reuters

Après la démission de Jérôme Cahuzac, le remaniement a été fait a minima : "l'occasion manquée" de François Hollande.

Je ne sais pas si la justice reprochera quelque chose à Jérôme Cahuzac dans les mois qui viennent ou pas. Mais dans la gestion de cette étonnante affaire, François Hollande a sans doute manqué une formidable occasion politique : l’occasion de reprendre la main. L’occasion de montrer qui est vraiment le patron.

- D’autant que cela tombe au plus mauvais moment pour François Hollande, qui est à la recherche d’un second souffle.

Les sondages sont tout simplement calamiteux pour le chef de l’Etat. Ce ne sont que des sondages, mais sa cote est au plus bas tandis que celle de son adversaire du mois de mai, Nicolas Sarkozy, remonte petit à petit. Alors, bien sûr, François Hollande accumule les tempêtes. Depuis qu’il a été élu, il affronte une conjoncture économique calamiteuse, des plans sociaux en pagaille, la dégradation des comptes publics et la flambée du chômage…

Il n’est évidemment pas le responsable du trou noir dans lequel s’enfonce l’économie. Mais les Français lui reprochent aussi un certain flottement. Je vous donne quelques exemples : le diesel, le nucléaire, le rôle de la banque centrale européenne et j’en passe.

Certains ministres ont un peu oublié qui est le patron.

Les ministres Verts gardent leur liberté de parole et donnent parfois de la voix contre le chef du gouvernement.

Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg passent leur temps à se chamailler et à se marquer à la culotte en prenant des positions radicalement différentes sur des sujets pourtant importants.

Et certains ministres critiquent désormais presque ouvertement Jean-Marc Ayrault.

Quant aux poids lourds de la majorité, Gérard Collomb, le maire de Lyon, et Martine Aubry à Lille, ils prennent toutes les libertés.

- Et donc ?

En politique, il faut savoir utiliser les tuiles à son avantage… L’affaire Cahuzac et la démission de ce ministre qui jouait finalement plutôt bien son rôle de Père Fouettard intransigeant en matière d’équilibre des finances publiques pouvait permettre à François Hollande de siffler la fin de la récré en remaniant en profondeur son équipe.

Bien sûr, cela ne fait pas un an que la présidentielle a eu lieu. Mais il y a des ministres épuisés, des ministres qui n’ont pas su prendre l’avantage sur leurs administrations. Des ministres encore –et je ne serai pas être cruels en citant des noms- dont les Français n’ont jamais entendu parler. Et dont on peut se demander s’ils servent vraiment à quelque chose. Le tout en confirmant le rôle de ceux qui mènent plutôt bien leur barque.

En clair, Hollande pouvait « profiter » de « l’affaire Cahuzac » pour passer un autre cap : passer du gouvernement de la victoire de 2012, celui de l’euphorie où l’on donne des gages à ceux qui ont contribué, à la victoire. Et passer à un gouvernement de combat contre la récession autour d’une garde rapprochée fiable et solide.

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