Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine

Jean-François Copé
Jean-François Copé © World Economic Forum

Le Figaro Magazine publiera demain des extraits du dernier livre de Jean-François Copé, en particulier des déclarations sur l'existence de qu’il appelle un "racisme anti blanc".

Des propos qui déclenchent déjà une très forte polémique.

L'expression est choquante, c'est certain. Parler de racisme anti blanc, c'est à première vue un contresens, un oxymore, diraient les savants, dans un pays comme la France où les blancs sont majoritaires. Mais Jean-François Copé connaît évidemment le sens des mots. En parlant de racisme anti-blanc, il décrit une autre France où les blancs seraient minoritaires et victimes de mauvais traitements. L'expression a été choisie pour choquer, et de ce coté-là, c'est réussi.

- La gauche parle de dérapage ; à droite, des élus comme Christian Estrosi appellent à "ne pas attiser les sentiments des uns et des autres". Jean-François Copé est-il allé trop loin ?

Je vais peut être vous choquer, mais je ne le pense pas, dans la mesure où il décrit des situations qui existent vraiment. Jean-François Copé est maire de Meaux depuis 1995, une ville qui accueille de nombreux habitants issus de l'immigration.

Dans son livre, il décrit une mère de famille qui vit seule dans une tour, qui a un différent avec ses voisins et se fait prendre à partie : « si t'es pas contente, casse-toi la gauloise ». C'est évidemment du racisme, même s'il n'est pas dirigé contre une personne noire ou maghrébine.

Cette réalité existe, le sociologue Tarik Yildiz lui a même consacré un livre qui s’appelle Le racisme anti-blanc. Ne pas en parler : un déni de réalité . Yildiz décrit le problème comme minoritaire, mais non marginal dans les écoles et les quartiers qu’on appelle « difficiles ».

- Reste que ces déclarations provoquent un vrai malaise

Oui, parce qu'elles peuvent être instrumentalisées pour renvoyer dos à dos deux racismes, comme si l'un justifiait l'autre, sur le thème « puisqu'il y a du racisme anti blanc, j'ai le droit de maltraiter les noirs, les jaunes ou les arabes ».

C’est évidemment inacceptable. Mais rien ne permet de dire que c'est l'objectif poursuivi par Copé.

Dans son livre, il écrit : « ce racisme là est aussi inacceptable que toutes les autres formes de racisme, nous devons le dénoncer comme nous dénonçons toutes les autres discriminations ». Cela me semble clair et sans ambigüité.

Alors évidemment, la gauche accuse Copé de courir derrière le FN, comme elle le fait à chaque fois à chaque fois qu’un leader de droite tient un discours transgressif sur l’immigration.

Mais on peut aussi dire que Copé fait du Copé. Je vous rappelle que c'est lui qui avait porté la proposition de loi pour interdire la burqa dans l'espace public.

Brandir le racisme anti blanc pour dresser les communautés les unes contre les autres est condamnable.

Mais dénoncer le racisme anti blanc comme un des méfaits du communautarisme, contre lequel tous les républicains doivent lutter, cela me semble un combat respectable.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.