Par Jean-François Achilli

Jean-Luc Mélenchon dépasse la barre symbolique des 10% dans les sondages
Jean-Luc Mélenchon dépasse la barre symbolique des 10% dans les sondages © Radio France

Jean-Luc Mélenchon en a fait son nouveau cheval de bataille. Relayé hier par notre confrère L’Humanité , qui a dégainé le sondage qui tue : 72% des Français veulent un référendum, selon l’institut CSA.

L’opinion veut être consultée sur le traité qui imposera la règle d’or budgétaire à la France, le TSCG, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Jean-Luc Mélenchon a lancé le missile dimanche dernier en meeting à Grenoble.

Pour la petite histoire, il se trouve que la chaine Public Sénat a diffusé ce jour-là le discours que l’ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle avait prononcé l’avant-veille. Jean-Luc Mélenchon a pris le soin d’envoyer un SMS à un certain nombre de journalistes pour leur demander de ne pas en tenir compte, et a attiré leur attention sur sa proposition choc.

Le sujet est au cœur de cette rentrée, avec la menace d’une sortie possible de la Grèce de la zone Euro. Le traité est mis en cause au sein de la majorité. Le sénateur Vert Jean-Vincent Placé et sa collègue de la gauche socialiste au sein du PS Marie-Noëlle Lienemann refusent de le ratifier. Le texte viendra en Conseil des ministres dans quinze jours, c’est une priorité du gouvernement. Autant dire que la formule du référendum n’a aucune chance d’être retenue par l’exécutif, qui ne veut prendre aucun risque. Dans cette séquence, le PS et ses partenaires regardent le verre à moitié vide ou à moitié plein. Le chef de l’Etat, opposé jadis à la règle d’or, a opéré un virage depuis son entrée en fonction, estimant avoir imposé un volet croissance à ses partenaires européens, ce que la gauche de la gauche et une partie des écologistes juge insuffisant. Jean-Marc Ayrault parle d’une étape dans le traité, qui n’est pas une fin en soi, mais qu’il ne faut pas minimiser.

- Ce traité est une épine dans le pied du gouvernement ?

Par delà les calculs politiques d’un Mélenchon qui rêve d’un grand soir pour supplanter Hollande, les Français dans leur ensemble, à gauche comme à droite, sont en train de réaliser que la partie se joue ailleurs, non plus à Paris, mais à Bruxelles. Le sort du vieux continent dépend de son économie communautaire. Les gouvernements des pays membres, aux yeux des populations concernées, apparaissent de plus en plus subalternes. Pour ne pas dire impuissants. François Hollande décroche dans le dernier Ipsos.

Le partage des responsabilités est simple : les dirigeants élus des pays membres de l’Union s’occupent des débats sociétaux. Les responsables européens, commission en tête, gèrent le reste, c’est-à-dire l’essentiel, l’économie.

La difficulté pour François Hollande ne réside pas tant dans son immobilisme supposé, mais dans la dépendance totale des politiques nationales dépendantes d’un système qui a su créer sa monnaie sans gouvernance économique ni harmonisation sociale. De cela, les Français sont de plus en plus conscients, ce qui les rend fatalistes ou critiques.

Jean-Luc Mélenchon a vu juste avec la demande d’un référendum qui n’a pourtant aucune chance d’aboutir, mais qui pointe les contradictions du système.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.