Par Guillaume Roquette, directeur de la rédaction duFigaro Magazine

françois hollande poursuit sa chute dans les sondages
françois hollande poursuit sa chute dans les sondages © reuters

A quelques heures de l’intervention télévisée de François Hollande ce soir sur France 2, intéressons-nous au contexte : le climat politique "violent" qui règne depuis quelques jours.

L’atmosphère s’est incroyablement tendue en quelques jours. C’est le Front de gauche insultant le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, le traitant de « salopard » et de mauvais Français, ce sont les violences policières lors de la manifestation contre la loi Taubira, violences totalement disproportionnées (je peux le dire pour avoir été présent sur place), c’est cette déclaration du député socialiste Pascal Cherki comparant le Chef de l’Etat à un conseiller général, ou encore ces propos d’Arnaud Montebourg sur le Premier ministre pendant l’affaire Florange, révélés hier par nos confrères del’Express : « il a l’envergure d’un élu local, il aurait dû rester un élu local ». Cette agressivité, cette tension que l’on sent monter presque quotidiennement installe un climat politique vraiment délétère. Et l’origine de cette tension, à mon avis, c’est à l’Elysée et à Matignon qu’il faut la chercher. C’est parce que le couple exécutif est faible que le trouble et le désordre se répandent.

-Cela dit, le député Pascal Cherki, a été recadré hier, tant par le PS que par le gouvernement.

C’est vrai, mais le mal était fait. En disant que François Hollande présidait la France avec un état d’esprit de conseiller général, Cherki a exprimé tout haut ce que beaucoup de responsables de gauche, au Parlement comme dans les ministères, pensent tout bas. D’ailleurs, si cela n’avait pas été le cas, ses propos n’auraient pas provoqué une telle polémique.

La faiblesse de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, c’est qu’ils donnent le sentiment de subir la situation, d’être absents, passifs face aux mauvaises nouvelles qui s’accumulent tous les jours, de la hausse du chômage à la baisse du pouvoir d’achat. C’est d’ailleurs la conviction des Français, puisque les deux tiers ne leurs font plus confiance.

  • L’intervention présidentielle de ce soir est-elle de nature à contrer cette défiance ?

D’après ce que l’on sait, ce soir, François Hollande va faire du Hollande : répéter qu’il a la situation en main, que la courbe du chômage s’infléchira à la fin de l’année, que les mesures prises sur le front économique et social vont finir par porter leurs fruits, etc.

Le problème, c’est que cette posture apaisante, qui a été l’une des clés de son succès face à Nicolas Sarkozy, est aujourd’hui totalement contreproductive. La sérénité affichée du Chef de l’Etat ne rassure plus, mais au contraire elle inquiète désormais les Français, qui la jugent comme une forme d’inconscience face à la gravité de la situation.

Alors, c’est vrai que François Hollande a encore plus de quatre ans devant lui avant des élections nationales, qu’il dispose d’une majorité et que donc rien ne l’oblige à accélérer le rythme des réformes. Rien sauf la situation économique qui se dégrade tous les jours. François Hollande croit que la croissance va revenir, mais les Français ne le croient plus.

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