Par Benjamin Sportouch, journaliste au magazineL'Express

François Fillon et Jean-François Copé réconciliés depuis que lagauche a détérioré l’axe franco-allemand

copé et fillon jugent hollande responsable d'un climat germanophobe
copé et fillon jugent hollande responsable d'un climat germanophobe © reuters

C’est connu : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Hier, François Fillon et Jean-François Copé ont signé un communiqué commun pour dénoncer la responsabilité de François Hollande dans l’affaiblissement de l’axe franco-allemand. Une première depuis leur spectaculaire divorce de l'automne dernier. Les deux frères ennemis de l’UMP ont enterré la hache de guerre le temps de célébrer à leur manière le premier anniversaire de l’élection de François Hollande. Mais cette entente de circonstance cache toujours des désaccords persistants.

- Pourtant, la commission de révision des statuts de l'UMP vient d’achever son travail.

Pas moins de dix réunions en effet pour tenter de mettre d’accord fillonistes et copéistes sur le devenir du parti. Je dis bien « tenter » parce qu’au final, il est bien difficile de dire sur quoi ils se sont entendus. C’est le flou le plus total. J’ai une pensée compassionnelle ce matin pour Anne Levade. Cette professeure de droit public est chargée de rédiger un projet consensuel d’ici quinze jours.

Copé et Fillon ont évité de parler des sujets qui fâchent et notamment de répondre à cette question: les militants doivent-ils ou non revoter pour élire leur président ?

- Ils ont quand même convenus d’une primaire ouverte pour désigner le candidat de la droite à la prochaine présidentielle

C’est même le seul point sur lequel les deux camps ont trouvé un consensus. Et c’est assez symptomatique de ce qui risque de passer d’ici là, c'est-à-dire d’ici 2016, au sein de l’UMP : pas grand-chose ou en tout cas rien d’essentiel.

Parce que la primaire décidera vraiment du leadership de l’opposition et, par la même occasion, de la ligne du parti. Car à se stade, entre le bing bang économique prôné par Jean-François Copé, les 39 heures de François Fillon payés 35 pendant deux ans au minimum et le très flou « il faut valoriser les atouts » de la France d’un Alain Juppé, il y a encore une marge de progression pour aboutir à une cohésion idéologique. Sur les moyens d’action, il n'y en a pas plus. Fillon et Juppé fidèles au légitimisme républicain ne veulent pas jouer la rue contre le pouvoir. Au contraire, Copé appelle à la mobilisation le 26 mai prochain. Sans parler du positionnement vis-à-vis du Front national. Marion Maréchal Le Pen vient d'ailleurs de jeter une peau de banane sous les roues déjà embourbées de l'opposition en assumant « des affinités avec la tendance copéiste de l'UMP » hier dans Le Monde .

- Sans compter que l’ombre de Nicolas Sarkozy continue de planer sur le parti

Nicolas Sarkozy dont nous racontons cette semaine dans l’Express le quotidien déjà très tourné vers 2017, n’a pas raccroché les gants.

Mais les Français ne sont pas plus tendres avec la droite qu’avec la gauche. Selon un sondage, seuls 4 Français sur 10 estiment que l’ancien président ferait mieux que l’actuel. Car finalement, le principal enseignement, c’est que l’UMP ne profite pas plus que cela de la période brouillonne que traverse l’exécutif. D'ailleurs, dans l'opposition, peu se risquent aujourd’hui à parier sur une alternance en 2017. Et ce, malgré une autre enquête publiée hier et qui pronostique une élimination de François Hollande au premier tour d'une élection présidentielle. Une lucidité, à l’UMP qui ne suffira pas à la reconstruction du parti, mais qui en est, sans aucun doute, une condition sine qua non tant les Français sont désabusés.

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