Pourrons-nous partir en vacances cet été ? À quelles dates ? Dans quelles conditions ? Pourrons-nous sortir des frontières de l’Union Européenne ? Ces questions toutes les professionnels du tourisme se les posent et notamment les compagnies aériennes qui préparent les plans de vols pour l’été.

Pour le moment Air France n'assure que 40% de son plan de vol habituel.
Pour le moment Air France n'assure que 40% de son plan de vol habituel. © Radio France / Philippe Lefebvre

Alors que nous sommes à quatre mois des premiers départs en vacances d’été, difficile pour les compagnies aériennes de se projeter et de définir les destinations qui seront desservies et le nombre d’avions et d’équipages qui assureront les vols. 

Pour le moment, aucune compagnie ne se hasarde à communiquer sur ses intentions pour l’été tant la situation actuelle est difficile. Ainsi chez Air France, on reconnait que pour le moment, on assure que 40% des vols et du cote des autres compagnies françaises le nombre de vols tourne autour de 15 à 20 % de ce qu’il était avant la crise en 2019.

Jean-François Dominiak, président du syndicat des compagnies aériennes autonomes, et directeur général de ASL Airlines France, reste prudent :

Tous les mois, chacun fait ses nouvelles prévisions, on espère qu’en juin cela va aller un peu mieux mais peut-être qu’en avril on va s’apercevoir que cela prendra un peu plus de temps... 

Mais pour ce patron de compagnie aérienne pas de doute les clients vont revenir :

Ce qui démarrera en premier et c’est une certitude absolue, c’est le marché affinitaire par exemple les familles originaires des DOM TOM vivant en métropole  et qui vont vouloir retrouver leurs proches aux Antilles ou à la Réunion. Cela concernera aussi les passagers originaires du Maroc d’Algérie et de Tunisie, qui représentent un marché énorme ».

Pour ce qui est de la clientèle purement touristique, là c’est encore l’incertitude. Tout dépendra des mesures et des contraintes sanitaires dans les pays recevant habituellement beaucoup de Français durant l’été (Espagne, Portugal, Grèce, Italie…).

Le syndicat des compagnies autonomes françaises redoute une guerre des prix cet été́.
Le syndicat des compagnies autonomes françaises redoute une guerre des prix cet été́. © Radio France / Philippe Lefebvre

Mais ce que redoute Jean-François Dominiak, c’est que pour attirer les passagers, certaines compagnies décident de se lancer dans une véritable guerre des prix.

« Les compagnies vont vouloir retrouver de l’activité pour montrer aux actionnaires que les avions se remplissent. Et le meilleur moyen d’attirer le chaland, c’est de lui proposer les tarifs les moins chers. Mais tout ceci n’a aucun sens ! Avoir des prix d’appel qui sont parfois 60% moins cher qu’un prix normal, raisonnable ,permettant de trouver l’équilibre économique pour la compagnie, est une aberration totale ». 

Et le patron d’ASL France va plus loin :

La guerre des prix, entre compagnies privées cela peut se comprendre. Ce qui serait beaucoup plus problématique c’est d’assister à une telle guerre des prix avec des compagnies publiques qu’elles soient françaises ou étrangères. Parce que là on arriverait à un paradoxe qui serait que ces compagnies, qui ont été soutenues par leurs actionnaires publics, viennent finalement casser le marché et au final casser également de l’emploi. 

Et si l’effet prix jouera probablement l’été prochain, un autre élément déterminant sera celui des conditions d’annulation ou de remboursement des billets alors que, rappelons-le, tous les dossiers de remboursement de l’été 2020 n’ont pas été réglés loin s’en faut, notamment par de grandes compagnies.

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