Tours n’est pas qu’une ville de châteaux, de maisons à colombages et de bonnes tables. La cité ligérienne a 1001 secrets à vous révéler : certains témoignent même du passé sulfureux de la ville.

La rabouilleuse vous permet de découvrir la Loire à la seule force du vent et des courants.
La rabouilleuse vous permet de découvrir la Loire à la seule force du vent et des courants. © Radio France / Philippe Lefebvre

Pour découvrir les secrets de Tours, il suffit d’une bonne paire de chaussures et d’un ticket pour les transports en commun, un investissement limité puisque, pour 48 heures, le ticket ne vous coûtera que 6,20 euros. 

Et c’est justement en empruntant le tramway que votre découverte de la ville commencera près de l’église Saint-Julien. Un petit passage presque secret vous permettra d’accéder à la cour du musée du compagnonnage. C’est le seul musée en France consacré à la formation et au travail de ses artisans qui, pour parfaire leur formation, partaient plusieurs années durant, pour un tour de France à la rencontre d’autres professionnels. Un voyage qui, généralement, se terminait par la création d’un chef-d’œuvre montrant le savoir-faire du futur compagnon. 

Dans ce musée, 4000 pièces sont rassemblées et vous montreront le savoir-faire incroyable de ces artisans. Ne manquez pas (surtout si vous visitez le musée avec des enfants) un jeu d’échec en sucre, la reproduction des hospices de Beaune en pâte à nouilles, ou un casque de pompier recouvert d’écailles en ardoise. Enfin, le milieu des compagnons ne s’est ouvert qu’il y a peu aux femmes et c’est pour cela qu’une seule pièce créée par une femme est exposée : il s’agit d’une pièce de maroquinerie, un sac nénuphar. 

Et pour rester dans le milieu des artisans d’art, il suffit de traverser le pont et de vous rendre dans l’Atelier d’Offard. Ici, on fabrique des papiers peints à l’ancienne, comme au 18e siècle avec des tampons en bois sur lesquels on applique une peinture très particulière composée de pigments naturels et de colle à base de peau de lapin. 

François-Xavier Richard prépare ses peintures comme au 18e siècle.
François-Xavier Richard prépare ses peintures comme au 18e siècle. © Radio France / Philippe Lefebvre

Cet atelier est loin de la production de masse et l’on peut découvrir sa production sur les murs des châteaux, des musées et souvent bien au-delà de nos frontières dans des palais florentins, des musées américains ou même dans une brasserie de Munich. Mais François-Xavier Richard, créateur de l’atelier, ne se contente pas de reproduire des papiers du passé. Ainsi, il a mis au point le "carton-pierre", un produit issu de la récupération des chutes de papier. Souple comme du cuir quand il est trempé dans l’eau, ce produit devient dur comme de la pierre une fois sec. On peut l’utiliser pour la décoration mais aussi la fabrication d’objets ou de meubles.

Tours ville de plaisir

L'étoile bleue l'une des dix maisons closes qui a fait la réputation de Tours jusqu'en 1946.
L'étoile bleue l'une des dix maisons closes qui a fait la réputation de Tours jusqu'en 1946. © Radio France / Philippe Lefebvre

On le sait peu mais jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Tours était considérée comme la 3eme ville de France pour le nombre et  la qualité de... ses maisons closes, après Paris et Lyon et ce, jusqu’à la promulgation de la loi Marthe Richard en 1946.

Le singe vert, la lune, le petit soleil ou encore l’Etoile bleue furent les plus célèbres maisons de plaisir où se retrouvaient les bateliers, les militaires, et la bourgeoisie locale. Aujourd’hui une seule "maison" a résisté aux pioches des démolisseurs grâce à l’intervention de la jeune chambre économique. Il s’agit de l’Etoile bleue. Le lieu se visite, on peut y admirer des fresques remarquablement restaurées, le système astucieux qui permettait aux clients faire leur choix. Mais la morale est sauve puisqu’aujourd’hui, les étages où se trouvaient les chambres ont été transformés en appartements et bureaux.

Enfin, durant votre séjour à Tours, vous ne devrez pas manquer de vous rendre dans la localité voisine de Rochecorbon pour embarquer sur la Rabouilleuse, un bateau à fond plat copie conforme des bateaux à voile qui circulaient sur le fleuve au 19e siècle pour transporter des marchandises. Et si les bateaux sont aujourd’hui équipés de petits moteurs pour quitter le quai très vite, le ronron du moteur s’arrête et la voile prend le relais. Le voyage devient magique, au ralenti, on découvre la faune et la flore et surtout, on apprend que la Loire a été et reste encore un fleuve navigable.

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