132 milliards d’euros, c’est le montant total des pertes que prévoit l’association internationale du transport aérien en cumulant celles de 2020 et les pertes qui s’annoncent pour 2021. Pour certaines compagnies aériennes, la faillite risque bien d'être au bout de la piste.

Air France compte sur sa filiale Transavia pour reconquérir le marché intérieur français.
Air France compte sur sa filiale Transavia pour reconquérir le marché intérieur français. © Radio France / Philippe Lefebvre

Certaines compagnies qui ont déjà publié leurs résultats pour 2020 ne laissent planer aucun doute sur la situation catastrophique du secteur. Ainsi, aux Etats Unis, les quatre plus grosses compagnies (American, Delta, United et Southwest) affichent à elles quatre 34 milliards de dollars de pertes. Pour cette dernière, pionnière du modèle low-cost, c’est même la première fois depuis sa création en 1972 qu’elle affiche un résultat négatif. 

Et celle qui semble avoir le plus perdu c’est Delta Airlines. La compagnie d’Atlanta (qui détient 10% du capital d’Air France) a perdu l’année dernière 12,39 milliards de dollars alors qu’en 2019 elle affichait fièrement 6,2 milliards de bénéfice. On parlait d’ailleurs à l’époque de bénéfices record.

Même avec le soutien massif du gouvernement les compagnies américaines sont dans le rouge.
Même avec le soutien massif du gouvernement les compagnies américaines sont dans le rouge. © Radio France / Philippe Lefebvre

Selon plusieurs observateurs, la situation des compagnies américaines soutenues à grands renfort de milliards de dollars par le gouvernement américain ne devrait pas véritablement s’améliorer, notamment à cause des nouvelles mesures de lutte contre la pandémie mises en place par l’administration Biden et qui devraient limiter l’activité les transporteurs aériens et avoir des conséquences direct sur l’emploi puisqu’outre atlantique 9000 emplois ont été supprimés, ce qui représente 20% des effectifs du secteur aux États-Unis.

En Europe, les compagnies ne sont pas en meilleure santé, ainsi Air France qui comptait sur un rebond (qui n’est pas franchement arrivé après le premier confinement) pourrait afficher une perte d’exploitation de 3,6 milliards d’euros pour 2020 lors de la très prochaine présentation de ses résultats. Et selon La Tribune, la compagnie nationale tablerait sur une nouvelle perte de 2 milliards en 2021et pourrait bénéficier d’une nouvelle aide du gouvernement français. 

Ryanair pourrait accuser 950 millions d'euros de pertes.
Ryanair pourrait accuser 950 millions d'euros de pertes. © Radio France / Philippe Lefebvre

Enfin dans un secteur tout à fait différent : celui des compagnies low-cost. Ryanair aurait perdu l’année dernière 950 millions d’euros, conduisant le PDG de la compagnie irlandaise a baisser les salaires de ses employés et à en licencier 3000.

Enfin en Chine, le Covid-19 pourrait accélérer la chute du puissant conglomérat HNA fort d’une dizaine de compagnies dans le pays. Pour Jean Louis Baroux, spécialiste du transport aérien, la situation est préoccupante :

"Beaucoup de compagnies sont menacées et certaines sont déjà passées par le dépôt de bilan, c’est le cas de la grande compagnie chilienne LATAM et de certaines compagnies asiatiques". 

Reste maintenant à savoir si les États qui ont injecté de l’argent de façon massive dans leurs compagnies nationales pourront les maintenir durablement la tête hors de l’eau, et ce alors que l’IATA ne prévoit pas une reprise du trafic au niveau d’avant la crise avant 2024.

Pas une compagnie n'est épargnée par l'effet Covid19.
Pas une compagnie n'est épargnée par l'effet Covid19. © Radio France / Philippe Lefebvre

En tout cas, reconnait ce spécialiste, la situation actuelle devrait calmer les esprits quant aux aides directes ou indirectes injectées par les gouvernements dans les compagnies aériennes comme par exemple les compagnies du Golfe : 

"Tout le monde s’est offusqué des aides qui pouvaient être octroyées par certains États à certaines compagnies aériennes, et c’était bien vrai. Maintenant je pense que la crise va calmer le jeu, on va arrêter ce jeu stupide qui consiste à accuser l’autre d’être à l’origine de ses propres difficultés".

Mais dans ce monde où les compagnies broient du noir, on note tout de même que certaines d’entre elles prépare déjà "le monde d’après" en pariant sur la reprise. C’est le cas par exemple du groupe Air France KLM qui va lancer sa filiale low cost Transavia sur le marché intérieur français avec un objectif de 25 lignes ouvertes à partir du mois de mars au départ d’Orly mais également entre les métropoles régionales. Air France conservant tout de même les navettes entre Paris et Toulouse Marseille et Nice.

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