Une année blanche pour cause de virus covid-19, c’est ce que redoutent les professionnels de la montagne à Méribel après les annonces du Premier ministre jeudi dernier.

Les pistes fermées au moins jusqu'à la fin janvier.
Les pistes fermées au moins jusqu'à la fin janvier. © Radio France / Philippe Lefebvre

Jeudi dernier alors que Jean Castex annonçait à la fois une nouvelle réunion pour faire le point sur la situation dans les stations de sports d’hiver et la fermeture jusqu’à la fin janvier des remontées mécaniques la sidération a vite fait place à la colère à l’image de Florence Surelle, la présidente de l’Office du Tourisme de la station qui reconnaissait ne plus rien comprendre à la gestion du dossier montagne par le gouvernement.

Ils ne nous connaissent pas et ils sont persuadés que l’on peut relancer un domaine skiable en tournant simplement la clé d’un téléphérique !

Plus grave : l’incertitude autour d’une ouverture ou non des pistes pour les prochaines vacances d’hiver qui débuteront le 6 février pour la zone A se fait déjà ressentir un peu partout dans la localité. Ainsi, à l’école de ski, on enregistre des annulations, confirme Alain Etievent, premier maire adjoint et moniteur de ski. 

Dans les hôtels, la situation n’est pas plus brillante. Ainsi, Fabrice Bonnet, le patron de l’Adret Telebar, un hôtel historique de la station situé en plein milieu des pistes ne se fait guère d’illusion. Il espère simplement ne pas revivre la situation des fêtes de fin d’année à savoir : pas un seul client dans son établissement. 

Seuls les très jeunes enfants peuvent gouter aux joies du ski.
Seuls les très jeunes enfants peuvent gouter aux joies du ski. © Radio France / Philippe Lefebvre

Enfin, chez les commerçants, l’inquiétude est aussi palpable chez les commerçants comme Valentin Front, loueur en ski qui évoque des pertes qui pourraient dépasser le million d’euro.

Mon entreprise est au bord du gouffre.

Mais la perspective d’une année blanche, à savoir la fermeture du domaine skiable des Trois vallées jusqu’à la fin de la saison, si elle se concrétisait, pourrait avoir des conséquences catastrophiques bien au-delà des seuls acteurs économiques de la station. Alain Etievent nous l'explique.

Il faut savoir qu’un emploi en station correspond à deux emplois indirects.

Et la crise pourrait toucher tous les secteurs : les prestataires des services, le bâtiment, les fabricants d’équipements, ou encore les agriculteurs pour qui, les sports d’hiver représentent un gros débouché.

Bref, aujourd’hui, Méribel, comme la majeure partie des stations, retient son souffle en attendant les prochaines annonces gouvernementales. Mais on sent aussi très nettement chez certains professionnels l’envie de faire porter plus haut leur message et de tenter des actions de la dernière chance pour sauver la saison et leurs entreprises. 

Les remontées mécaniques du jamais vu depuis 1938 année de création de Meribel.
Les remontées mécaniques du jamais vu depuis 1938 année de création de Meribel. © Radio France / Philippe Lefebvre

Ainsi, on évoque de possibles manifestations dans des lieux symboliques comme le tunnel du Mont blanc ou les autoroutes, voire des réouvertures sauvages de remontées mécaniques. Mais pour le moment, impossible de dire s’il s’agit de menaces en l’air ou de projets déjà bien avancés. En tout aujourd’hui le sentiment qui domine, c’est bien celui de la colère.

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