Si la crise du coronavirus va avoir des effets dévastateurs dans le secteur du tourisme, c'est aussi l'occasion de se réinventer en créant un nouveau modèle touristique. C'est le cas à Courchevel.

A Courchevel la crise du Covid est l'occasion de préparer la station du futur.
A Courchevel la crise du Covid est l'occasion de préparer la station du futur. © Getty / Neil Emmerson

Quand on prononce le nom de Courchevel, de nombreuses images viennent à l’esprit : celles des boutiques des grandes marques de luxe situées non loin des pistes, celles des palaces, des restaurants étoilés et aussi des sulfureux clients comme cet milliardaire russe qui en 2007 a fait basculer la station dans la rubrique des faits divers avec une spectaculaire descente d’interpol dans plusieurs palaces.

Mais aujourd’hui martèle Patrick Lepeudry qui dirige un réseau de boutiques de location de skis :

Bien sur il y a les chalets avec une clientèle très riche que l’on ne va pas renier, mais Courchevel ne se limite pas à cela. La station est composée de plusieurs villages ou l’on peut trouver des clientèles de toutes origines et de tous niveaux. Et d’ailleurs il faut se rappeler qu’à sa création Courchevel était une station à but social ».

Sans tirer toutefois un trait définitif sur les années fric et exubérance, aujourd’hui on veut redonner ses lettres de noblesse à la station en rappelant quelques vérités. Tout d’abord, indique Gilles Delaruelle le directeur de l’office du tourisme, la clientèle est ici majoritairement française et britannique. Elle représente 68% des vacanciers. Une clientèle qui ne va pas forcement fréquenter les trois palaces et huit restaurants étoilés de la station qui d’ailleurs,  pour les plus prestigieux d’entre eux, seraient à peine rentables selon certaines sources.

Et cette clientèle on veut la chouchouter pour lui proposer le meilleur de la montagne et du domaine skiable des trois vallées. Ainsi certains professionnels du lieu voudraient mieux répartir les flux de touristes et diminuer le monde sur les pistes lors des grandes semaines de vacances scolaires. 

Cela pourrait passer par une diminution du nombre de forfaits vendus indique Claude Pinturault le patron de l’hôtel Annapurna. Une mesure déjà prise par plusieurs stations dans le monde et qui pourrait inciter les vacanciers à choisir d’autres dates pour leurs vacances ou à préférer d’autres pratiques. Ainsi explique Marc Lazzaroni le président du bureau des guides « on a une demande très forte de nos clients pour sortir des pistes très fréquentées pour aller en dehors du domaine skiable et faire du ski de randonnée ».

Retrouver son ADN, retrouver une clientèle française qui avait quitté la station effrayée par son coté bling bling, remettre l’humain au cœur de l’offre voila bien certains des nombreux défis pour Courchevel qui peut compter sur l’esprit de conquête et de résistance des montagnards à l’image de Julien Machet le chef étoilé du restaurant le Farçon qui pendant la crise à tout d’abord fabriqué du pain pour les habitants avant de se lancer dans la fabrication de repas gastronomiques à emporter pour les réveillons. Il devrait en produire plus de 1000 une véritable performance dans une station ou le mot performance a tout son sens puisque c’est ici qu’Alexis Pinturault , champion du monde de combiné a usé ses premiers skis et qu’en 2023 avec sa voisine Méribel, Courchevel recevra  les championnats du monde de ski.

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