Ouvrir mais pour ne recevoir que quelques rares clients c'est la situation de nombreux hôtels français qui de surcroit vivent très mal le fait de ne plus bénéficier du fond de solidarité. Une double peine pour des professionnels du tourisme qui s'interrogent sur leur avenir.

Pour Alexandra Lorin l'objectif est de sauver la saison d'été́.
Pour Alexandra Lorin l'objectif est de sauver la saison d'été́. © Grégory Guinard

Dans les couloirs des « Jardins de Coppelia », hôtel quatre étoiles avec restaurant gastronomique et spa situé à quelques kilomètres de Honfleur, même si Alexandra Lorin affiche un large sourire, le moral n’est pas au beau fixe.

En effet les jeunes propriétaires des lieux et leurs 30 salariés comptaient rouvrir l’établissement le 19 mars mais les dernières déclarations de Jean Castex sont venues doucher leur enthousiasme.

80% de nôtre clientèle est parisienne, explique Alexandra Lorin, et dés les annonces du premier ministre les appels se sont succédés de clients qui souhaitaient annuler leurs séjours. 

Un coup dur pour cet établissement ouvert il y a à peine 18 mois et qui avait déjà fermé ses portes lors des deux premiers confinements.

Pour les hôteliers, cette ouverture à la date du début du printemps se voulait un symbole :

On voulait envoyer un message fort, dire que nous sommes toujours là et que l’on y croit ! ». 

Et pour marquer les esprits tout était prêt : les collaborateurs revenus après de longs mois de chômage partiel, les frigos pleins et une toute nouvelle carte pour le service en chambre.

Mais avec un taux de remplissage d’à peine 20% et malgré une tentative d’offre à prix réduit pour inciter leurs voisins normands à découvrir l’établissement, force est de constater que les finances de l’hôtel ne sont pas au mieux : 

On a des charges fixes à hauteur de 50 000 euros par mois, quand on a que 10 000 euros de fond de solidarité par mois, on voit bien qu’il y a un énorme trou. Donc on puise dans les réserves et c’est là où l’on commence à s’interroger sur la suite et on se dit que quoi qu’il advienne on doit reprendre une activité, on n'a pas le choix » explique Alexandra Lorin. 

Et ce d’autant plus que depuis le mois de janvier l’établissement ne reçoit plus les 10 000 euros du fond de solidarité car sur le papier l’hôtel est ouvert même s’il ne reçoit pas de clients…

Mais au-delà de ces considérations financières, ce que ces hôteliers souhaitent avant tout c’est obtenir une date pour une possible réouverture totale de leur établissement. Il est vrai que pour eux c’est vital car en Normandie la saison estivale débute au mois de mai. 

Dans tous les cas il faudra que l’on fasse une saison estivale, c’est une certitude et si on nous retire ce qui correspond à la partie principale de notre chiffre d’affaire c’est notre mort que l’on annonce. 

Le message a le mérite d’être clair reste à savoir si le gouvernement entendra l’appel de détresse de ces professionnels du tourisme.

Pour le moment l’ouverture en totalité des hôtels, cafés et restaurants n’est pas, loin s’en faut, à l’ordre du jour même si  plusieurs membres du gouvernement ont présenté récemment un plan de reprise en trois phases pour tous les établissements qui s’étalerait sur 11 à 14 semaines mais dont on ne connait pas la date de démarrage et qui comporte certaines incohérences comme la possible ouverture des restaurants des hôtels mais pour servir le petit déjeuner des clients mais pas le diner de ces mêmes clients. 

Bref pour nos hôteliers normands le chemin vers le monde d’après risque d’être encore long.

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